Cinema

[L’étrange Festival] « The corpse of Anna Fritz », suspense macabre bien tenu

[L’étrange Festival] « The corpse of Anna Fritz », suspense macabre bien tenu

11 septembre 2015 | PAR Geoffrey Nabavian

Parfaitement dans la lignée des films que le cinéma fantastique espagnol nous a offert depuis 2000 (L’Orphelinat, Mama), ce Corpse of Anna Fritz adopte un point de départ macabre, évite toute complaisance, se transforme en thriller haletant, et retombe sur ses pattes. Un essai de bonne facture, malgré quelques défauts.

[rating=3]

The corpse of Anna Fritz23h30. Pau, employé à la morgue d’un hôpital espagnol, accueille, sur son lieu de travail, deux amis, en partance pour une soirée. L’un d’eux sait pertinemment que le service mortuaire a ce soir-là une pensionnaire de choix : l’actrice star Anna Fritz, dont la mort a été annoncée le jour même. Seuls avec ce corps, et avec un peu de cocaïne, les trois hommes vont se laisser aller à un délire macabre et dangereux. Qui va déraper de façon très inattendue…

Le point de basculement scénaristique de ce Corpse of Anna Fritz peut étonner. Il convainc cependant, et donne au film un côté ludique, qui lui permet d’éviter la complaisance. Et les amateurs peuvent se rassurer : la tension et les scènes de violence sont bien là, accompagnées de belles performances d’acteurs. Le huis-clos est humanisé, et tient en haleine.

Quelques ficelles de scénario gênent un peu. On aurait parfois aimé davantage de développement. D’autre part, on redoute que tout finisse par se régler dans le sang. Ce sera le cas. Mais contrairement à bien d’autres films d’horreur, ce choix est juste. Il offre une réponse radicale au début.

Dans ce cadre serré, quelques morceaux de bravoure surgissent, dont une longue tentative de fuite à même le sol. Et le réalisateur sait user intelligemment de la musique et des plans : il produit des images léchées, et en même temps riches de sens. Humaines. Limite émouvantes. Pas mal.

The corpse of Anna Fritz, un film de Hèctor Hernandez Vicens. Avec Albert Carbo, Bernat Saumell. Policier/Horreur, espagnol. Durée : 1h20.

L’Etrange Festival a lieu jusqu’au 13 septembre au Forum des Images (Paris 1er).

Visuel : © A Contraluz / Benecé / Corte y Confeccion de peliculas

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale.Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub.Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival.CONTACT : geoffrey.nabavian@free.fr / https://twitter.com/geoffreynabavia

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