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[L’Étrange Festival] « Il y a l’OVNI, et au-dessus, il y a l’Élan »

[L’Étrange Festival] « Il y a l’OVNI, et au-dessus, il y a l’Élan »

06 septembre 2015 | PAR Willy Orr

Loin de nous l’idée de nous faire sauter à la gorge par les puristes, mais la formule titre a du vrai. Lorsque le réalisateur Étienne Labroue explique que l’idée de l’histoire de son premier film est née de son personnage, nous le croyons à 300%.

[rating=4]

Qu’il est beau ce grand élan, cette entité extraterrestre, ou accidentelle, ou intraterrestre (ces trois hypothèses étant trois moyens d’éclater le film en une démonstration aussi ridicule qu’implacable). Son arrivée dans un village de campagne est le point de départ du film. La suite appartient à l’absurdité, et au plaisir de voir un humour mutant, à mis-chemin entre Dupieux, les Monty Python, les Guignols et autres Groland, naître devant nous.

Cet humour serait d’ailleurs presque un OVNI en soi, rocher volant au-dessus des protagonistes, prêt à les sauver ou à les écraser pour d’obscures raisons. Avec un casting 4 étoiles (Aurélia Petit, Olivier Broche, François Morel, mais aussi la jeune et talentueuse Délia Espinat­Dief, ainsi que Bernard Montiel en acteur improvisé mais crédible), L’Élan est bien servi. Mais la meilleure performance reste celle de l’homme sous le costume, Cyprien Dugas, marionnettiste de métier et concepteur de la silhouette si troublante de l’élan.

Ce film est l’histoire d’une recherche scientifique absurde, basée « sur des faits réels » nous annonce t­on avec le titre. Une recherche, donc, des origines d’une créature (L’élan), qui mène à une théorie reprenant « des vraies conneries » comme le dirait son réalisateur. Ce galimatias scientifico­clownesque sert de trame à une histoire savoureuse, qui peut aussi par rares touches être sérieuse.

Si les Indiens d’Amérique ne tuent pas les élans, car ce sont les seules créatures à pleurer, un plan de l’élan une larme à l’oeil, contemplant la lune, nous fait nous dire que ce film n’a pas vocation qu’à amuser, mais aussi à nous faire nous demander ce que peut être la différence, et jusqu’à quel point elle est une force ­co(s)mique, mais aussi sociale­ qui peut gêner, perturber, choquer ; mais en aucun cas laisser indifférent.

L’Élan est un film réalisé entre amis, avec une équipe soudée qui a montré une vraie cohésion lors de cette première mondiale proposée à L’Étrange Festival. L’enthousiasme de la salle est encourageant, car il est vrai que si L’Élan souffre de quelques longueurs, notamment lors d’une scène de traque assez ennuyeuse, il reste un premier film de bonne facture, à l’atmosphère unique, grâce à son personnage principal ; ce majestueux géant crevant l’écran.

« Il vaut mieux un élan avec un long manteau qu’un blaireau en short », note le personnage de François Morel au détour d’une scène. Nous ne pouvons qu’être d’accord, et conseiller cette pépite de l’étrange qui vaut le détour. Avec une sortie prévue en mars ou avril 2015, nul doute que L’Élan, bien lancé, a une belle route devant lui.

L’ÉLAN 2015. Couleur. 82 mn. Français. Réalisation : Etienne Labroue.Production : Labroue Brothers, Open Books Pictures.Scénario : Etienne Labroue, Marc Bruckert.Avec : Olivier Broche, Délia Espinat-Dief, Bernard Montiel, François Morel, Arsène Mosca, Guillaume Briat, Thierry Pietra, Aurélia Petit.Pays : France.Genre : Comédie.
Première mondiale.

Le programme complet de L’Etrange Festival se consulte par ici.

Visuel : (c) DR

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Willy Orr

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