Cinema
L’Etrange Festival : Dupontel parmi les siens

L’Etrange Festival : Dupontel parmi les siens

09 septembre 2013 | PAR Yohann Marchand

Jusqu’au 15 septembre au Forum des Images à Paris, l’Étrange Festival met à l’honneur le film de genre. Au programme de ce week-end : une standing ovation pour Albert Dupontel et une famille au cordon bleu.

9-mois-ferme-afficheLe coup de cœur : 9 mois ferme, un film de Albert Dupontel. Comédie, France, 1h25. Sortie le 16 octobre 2013.

Avec Le Vilain (2009) Albert Dupontel s’était essayé à la comédie familiale un zeste barrée. Une sympathique fable matricide qui avait amadoué le million d’entrées. Soit son second meilleur succès depuis Bernie (1996), pépite d’humour noir mâtinée d’un esprit cartoon déjanté. Entre les deux l’acteur-réalisateur s’est frotté à la satire sociale, Enfermés Dehors (2006), et à une introspection incomprise du grand public Le Créateur (1999). 9 mois ferme est une réponse tardive à cet échec commercial (moins de 300 000 spectateurs) que continue de ruminer Albert Dupontel. Sur plusieurs points l’analogie entre ces deux films est perceptible. Déjà dans son esthétisme pré-Amélie Poulain et sa mise en scène enlevée, fruit d’une caméra flottante qui s’autorise régulièrement des apartés décadrés. Ainsi que par ses points de vue originaux – dont le clin d’oeil répétitif à l’écran d’ordinateur – qu’au détour de longs plans séquences chorégraphiés avec fantaisie – dont l’habituelle séquence rotative où le temps s’écoule petit à petit. De même que par son habilité d’écriture à faire cohabiter l’absurde le plus délirant au dramatique le plus émouvant. Albert Dupontel s’auto-plagie pour notre plus grand plaisir. Il parvient cette fois-ci à bien allier humour trash et bon enfant tout en faisant preuve d’ingéniosité et de créativité. Avec 9 mois ferme la comédie française ne s’est jamais aussi bien portée. La standing ovation était donc doublement méritée.

We-are-what-we-are_portrait_w858La déception : We are what we are, un film de Jim Mickle. Thriller, États-Unis, 1h40. Sortie inconnue.

Partez du principe que We Are What We Are est un vrai-faux remake de Ne nous jugez pas, un drame mexicain réalisé par Jorge Michel Grau. Avec ces éléments il vous est facile de faire une recherche sur internet et donc de prendre connaissance de la trame du film original. Jim Mickle ne doit pas connaître internet. Ou alors il prend le spectateur pour un imbécile. Ou les deux. Ou Kamoulox. A vous de décider. Le fait est que la première partie de We Are est d’un ennui soporifique. Cette immersion dans le quotidien de la famille Parker se perd dans une contemplation intimiste superbement mise en image mais constamment ridiculisée par un scénario qui surligne les enjeux. We Are What We are ressemble à s’y méprendre à un épisode de La Petite Maison dans la prairie chez une famille de dégénérés. Dès lors que la supercherie sur la tradition alimentaire des Parker est révélée, le film dit dramatique glisse vers le grand guignol au gré d’effusions sanglantes grotesques. Il ne génère aucune empathie censée par la suite mettre mal à l’aise le spectateur. Il se prend les pieds dans une instance cérémonielle des plus prévisible qui débouche sur un repas final hilarant. A peine revenu de Deauville où le film fut acclamé aux dires de Jim Mickle, We Are l’a été tièdement à l’Étrange Festival. A défaut d’avoir beaucoup fait rire son auditoire.

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Yohann Marchand

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