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[L’Étrange Festival] « Baskin » : une baffe dans ta carotide

[L’Étrange Festival] « Baskin » : une baffe dans ta carotide

14 septembre 2015 | PAR Willy Orr

Cinq policiers sont appelés en renfort dans un mystérieux immeuble en ruine, qui s’avère être un commissariat abandonné. Une fois sur place, les pauvres hommes plongent dans un enfer proprement dégueulasse.

[rating=4]

Il est vrai que le début du film s’avère d’une lenteur frustrante, épousant un schéma cliché du genre voulant que tout débute dans le calme pour glisser vers l’horreur absolue. Cependant, au fur et à mesure du récit, les prouesses de mises en scène du jeune réalisateur Can Evrenol, dont Baskin est le premier film, ne peuvent que nous laisser marquer au fer rouge par une ambiance et un univers aux tripes exposées en pleine nuit.

Baskin est un film ultra référencé pour les amateurs du genre. Prenez un clin d’œil à Poltergeist, un hommage au Texas chainsaw massacre (merci encore, monsieur Hooper, de susciter autant de traumatismes inspirants), un soupçon du Labyrinthe de Pan de Del Toro… non. Ne prenez rien du tout, venez sans vous attendre à quoique ce soit, car Baskin sera de toute façon pire que toute attente, qu’elle soit néophyte ou experte.

La différence entre un mauvais et un bon film d’horreur ? L’atmosphère, l’ambiance que dégage l’espace et la manière dont il est habité; c’est-à-dire par qui/quoi. Soigner l’écrin où se déroule l’horreur, et ceux qui l’infligent, plutôt que de se concentrer sur comment montrer le plus d’horreur possible à travers des actes mal amenés et gratuits : voilà ce que devrait être l’objectif de tout metteur en scène du genre. Il est facile de faire mourir un personnage, mais couvrir les corps de sang ne suffit pas à nous les rendre odieux. Baskin l’a parfaitement compris, et Evrenol y fait preuve d’une maturité technique, ainsi que d’une inventivité impressionnante.

Si Baskin n’est pas tout à fait le meilleur film que nous ayons pu voir au festival, il est définitivement le meilleur film de genre de la sélection ; encore mieux, le meilleur film d’horreur. Retenez bien ce titre, et le nom de ce réalisateur. L’un comme l’autre feront sans aucun doute parler d’eux. Quand au film, un conseil : serrez les dents, ouvrez grand les yeux, et préparez-vous à une plongée en pleines plaies ouvertes.

BASKIN 2015. Couleur. 97 mn. VOSTA. Réalisation : Can Evrenol.Production : MO Film Produksiyon Ltd.Scénario : Can Evrenol, Ercin Sadikoglu, Cem Ozuduru, Ogulcan Eren Akay.Avec : Gorkem Kasal, Ergun Kuyucu, Mehmet Cerrahoglu, Sabahattin Yakut.Pays : Turquie.
Première européenne.Compétition internationale.Film interdit aux moins de 16 ans..

Le programme complet de L’Etrange Festival se consulte par ici.

Visuel : (c) DR

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