Cinema
Les tribulations d’une caissière, en salle le 14 décembre

Les tribulations d’une caissière, en salle le 14 décembre

11 décembre 2011 | PAR Camille Lafrance

Dans cette fable de Noël tranquillisante, la douce Solweig travaille comme caissière dans un supermarché pour faire vivre son frère et elle après l’hospitalisation à durée indéterminée de leur père.

Sur son blog qui attise interrogations et convoitises, elle fait part de son quotidien de pion de la grande distribution et des brimades qu’elle peut recevoir des clients ainsi que de son supérieur. Mais malgré tout, Solweig garde le sourire, reçoit un grand soutien de la part de ses collègues et finit par croiser le chemin d’un jeune homme, Charles, prince charmant des beaux quartiers.

Du livre d’Anna Sam, il ne reste que l’idée principale du blog d’une caissière, sorte de traité sociologique, avec chiffres à l’appui du métier d’hôtesse d’accueil de supermarché, débordant d’humour. Une donnée choquante : une caissière tiendrait entre ses mains au bout d’une journée de travail, l’équivalent du poids d’un éléphant. Le blog de Solweig a un retentissement national : des caissières se sentent légitimées dans leur protestation et débutent des grèves, et une enquête d’investigation journalistique est lancée à l’encontre de l’ancienne étudiante de lettres, la jeune caissière.
Il est dommage de n’avoir gardé ce détail-là qu’en toile de fond, car c’est un point important de la démarche du livre d’Anna Sam : une diplômée de lettres modernes contrainte à garder son job alimentaire initialement provisoire, faute de trouver un travail correspondant à sa filière, pour pouvoir vivre. Cette condition est délaissée pour éviter de broyer du noir, au profit de l’histoire d’amour, malgré tout très touchante.
L’animation (très bien orchestrée, de bon goût) qui ouvre le film nous indique déjà l’orientation du récit : sous la neige, dans un contexte de fêtes de fin d’année, de Noël, sous un format gentillet mais charmant. Les Tribulations d’une caissière regorge de bons sentiments autant dans le propos que dans la réalisation. L’omniprésence de la neige et le rythme adoucissant allège le jugement et crée un cocon, une certaine nostalgie, un sentiment de bien-être de Noël. Ici, il n’est pas question d’un Noël commercial bien que l’intrigue se situe dans un supermarché, mais d’un Noël équivalent de solidarité, de fête, de joie, de pardon.
On compte beaucoup de moments lumineux, où la truculence claque, le sourire virevolte et où le rire se déclenche. On ne peut s’empêcher d’aimer ces personnages attachants.
La première image du film est un zoom rapproché de l’oeuvre de Zola Au bonheur des dames abandonnée sous un voile de neige dans la rue. Ce tableau est une prémisse au sentiment du spectateur : le film est dédié au bonheur de celui-ci, assoiffé de bons sentiments et de film positif, gentil et à la fois dénonciateur en arrière-plan d’une dure réalité sociale laissée dans l’indifférence.

Camille Lafrance

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