Cinema

Les Poilus d’Alaska, un épisode palpitant de la Première Guerre Mondiale

10 décembre 2012 | PAR Olivia Leboyer

Dès l’ouverture, la voix off nous avertit : l’épisode n’est connu que d’une poignée d’historiens. Primé au palmarès, ce documentaire retrace avec rythme une extraordinaire aventure de huskies enrôlés dans l’armée ! A voir absolument.

En 1915, une idée folle a germé dans l’esprit de l’état-major français : et si, pour transporter plus efficacement les vivres et les armes sur le front de l’Est, nous allions chercher une meute de huskies ? Le temps est compté et c’est avec des instructions bien précises que le capitaine Moufflet et le sous-lieutenant Haas s’embarquent pour les USA. Le premier doit ramener 300 chiens de traîneaux endurants, tandis que le second doit trier sur le volet 100 chiens d’exception ! La mission est périlleuse : à qui s’adresser, alors même que le Président Wilson continue d’affirmer ses intentions pacifistes ? Comment être sûr que l’on ne se fie pas à des espions ? Et quels navires, en ces temps troublés, accepteront de prendre à leur bord 400 chiens ? Autant de questions délicates, presque insolubles, mais dont nos deux militaires de choc, Moufflet et Haas, vont venir à bout.
Aidés par le légendaire musher Scottie Allan (ami de Jack London !), ils vont réunir 440 chiens et les acheminer vers la France. Le film montre bien la course contre la montre et les multiples embûches que rencontrent les deux hommes. Un détail pratique : comment, par exemple, faire monter 440 chiens sur un navire, en évitant la bousculade et donc les pertes ?
Passionnant de bout en bout, le film force évidemment notre admiration pour les valeureux huskies : les difficultés d’acheminement viennent des hommes, des navires ennemis, des intempéries, mais jamais des chiens, dont la docilité et la confiance dans leurs maîtres résistent à toute épreuve !
Décorés de la croix de guerre, ces superbes animaux ont rendu un service inestimable à l’armée française. La voix off nous apprend que les chiens survivants ont été adoptés par les soldats survivants : encore heureux !

Un très beau documentaire, justement primé au palmarès. Avec un titre plaisant, Poilus d’Alaska nous plonge au cœur de ce que les armées peuvent mijoter d’étrange. La grandeur de l’animal, désintéressé des conflits humains, en paraît d’autant plus imposante.

Poilus d’Alaska, de Marc Jamposly, 52 minutes, France.

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Cendrillon d’après Charles Perrault illustré par Elsa Oriol
Olivia Leboyer
Docteure en sciences-politiques, titulaire d’un DEA de littérature à la Sorbonne  et enseignante à sciences-po Paris, Olivia écrit principalement sur le cinéma et sur la gastronomie. Elle est l'auteure de "Élite et libéralisme", paru en 2012 chez CNRS éditions.

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