Cinema
Les nuits rouges du bourreau de jade, un premier film prometteur

Les nuits rouges du bourreau de jade, un premier film prometteur

26 avril 2011 | PAR Olivia Leboyer

Titre mystérieux et séduisant, intrigue sophistiquée, plaisirs et sadismes variés, ce film possède de sérieuses qualités. Et quelques défauts. A voir, tout particulièrement si l’on est fétichiste. Sortie le 27 avril 2011.

La séquence d’ouverture des Nuits rouges du bourreau de jade tient toutes les belles promesses du titre : une jeune fille perverse accepte de subir des sévices raffinés sur un impressionnant lit de torture. Au programme, un enveloppement musclé dans du latex et des attouchements par de longues griffes de jade, le tout orchestré par la démoniaque Carrie, une femme fatale manipulatrice et vénéneuse (Carrie Ng, parfaite dans un rôle sadique et sensuel). Carrie cherche en effet à reproduire les supplices du Bourreau de Jade, premier Exécuteur de l’Empereur de Chine. Avec ses griffes de jade et un poison spécial, il pouvait décupler le plaisir sexuel chez ses victimes ou bien, au choix ou en même temps, provoquer leur mort. Donc, Carrie s’en donne à cœur joie avec ses griffes, mais il lui manque encore le poison.
C’est Catherine (Frédérique Bel, qui joue ici l’étrangère au sens plein du terme : à l’ouest chez les Chinois !), une aventurière française, qui le détient. Elle voudrait le vendre et en tirer le meilleur prix. Mais l’élixir suscite de nombreuses convoitises. Chassés-croisés dans un Hong Kong superbement filmé (notamment une très belle scène dans la rue entre Frédérique Bel et Carrie Ng, tout en faux-semblants).
Julien Carbon et Laurent Courtiaud signent un premier film esthétiquement très maîtrisé. Tous deux travaillent d’ailleurs à Hong Kong, comme scénaristes, depuis une quinzaine d’années (ils ont en particulier travaillé avec Tsui Hark et Johnnie To). Évidemment, tous deux sont fétichistes (chaussures, cheveux, rouge à lèvres, trench, etc) et très pervers (voyeurisme, dissections, dents brisées, élaboration de cocktails abrasifs, les fameuses griffes vertes, etc). Les scènes de plaisirs-tortures sont tout à fait réussies. Dommage que l’intrigue policière souffre d’un léger manque de rythme (Frédérique Bel hérite de quelques longues scènes, assez ennuyeuses, de tractations pour la vente du flacon).
Cette nonchalance va très bien à Carrie Ng, impériale dans un rôle sur mesure.

Les nuits rouges du bourreau de jade, de Julien Carbon et Laurent Courtiaud, France, 1h38, avec Carrie Ng, Frédérique Bel, Carole Brana, Jack Kao et Stephen Wong. Sortie le 27 avril 2011.

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Olivia Leboyer
Docteure en sciences-politiques, titulaire d’un DEA de littérature à la Sorbonne  et enseignante à sciences-po Paris, Olivia écrit principalement sur le cinéma et sur la gastronomie. Elle est l'auteure de "Élite et libéralisme", paru en 2012 chez CNRS éditions.

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