Cinema

Les marais criminels : rencontre avec le réalisateur et les deux comédiennes.

24 février 2010 | PAR Geraldine Pioud

Rencontre avec le réalisateur du road-movie « Les marais criminels », Alexandre Messina, et avec les deux actrices principales, Ophélie Bazillou et Céline Espérin.

Alexandre, pourquoi avoir eu l’idée de faire un road-movie?

C’est un scénario qui a plusieurs années. Au début c’était l’histoire d’un couple, un homme et une femme. On l’a repris avec Nicolas Connan afin de refaire une nouvelle version. L’idée était de déporter deux héroïnes de Paris avec pas mal de contraintes (pas de téléphone, etc…). Un voyage initiatique dans lequel les deux personnes ne se connaissent pas au départ. Des choses très écrites et d’autres que l’on a laissé surgir.

Comment as-tu rencontré Céline et Ophélie?

J’ai rencontré Ophélie d’abord car elle appartenait à une troupe de chez Florent. Ils voulaient monter une pièce et se sont adressés à moi. Je voulais faire un film mais c’était compliqué de tous les réunir. J’ai fait un casting. De l’équipe il ne reste qu’Ophélie et Éric. Dans ce casting j’ai rencontré Céline. Elle devait faire un autre rôle mais elle est devenue Axelle au pied levé, 8 jours avant le début du tournage.

Céline, qu’est-ce qui t’a fait accepter le rôle d’Axelle?

Quand on est une jeune comédienne, un premier rôle dans un long métrage, cela ne se refuse pas vraiment! Pour le personnage d’Axelle, il n’y avait que des grandes lignes. Elle aime barouder et elle est fascinée par Juillette. J’avais très envie de cette aventure.

Et pour toi Ophélie?

Déjà on avait travaillé en amont sur d’autres choses avec Alexandre. On voulait partager un projet ensemble. Je ne savais pas qu’Alexandre avait prévu de me confier ce rôle. Et puis cela ne se refuse pas!


Est-ce que votre petite différence d’âge (6 ans d’écart) vous a aidé pour incarner vos personnages?

Céline : Le fait d’être un peu plus âgée m’a aidé, car j’en savais peu sur le film. Et en même temps Ophélie savait plus de choses sur le film alors qu’elle doit être maternée. C’est assez paradoxal.
Ophélie : Elle n’aurait eu qu’un an de plus cela aurait suffit pour me sentir protégée. Mais l’âge ne compte pas énormément pour moi. Céline, instinctivement, a ce côté presque maternelle.

Alexandre, par rapport à l’évolution des personnages, pourquoi être allé vers quelque chose de si noir?

Ce qui était important, c’était la fascination qu’il pouvait y avoir entre les deux filles. Et que l’une puisse prendre la place de l’autre. Mais les filles ne savaient rien de cela : chaque jour elles découvraient de nouveaux éléments. Sauf pour les scènes importantes, que l’on évoquait deux ou trois jours avant, comme la séquence du mariage par exemple. Les deux personnages sont de toutes façons en période de crise.

Alexandre, comment expliques-tu l’homme qui les poursuit, l’ange de la mort?

On voulait une pression, une tension dans le film. Mais ils arrivent assez tard finalement. On voulait des codes : le tueur en question est mobile. Le gars, je voulais qu’il soit presque sympa : il fait son boulot en quelque sorte. Il y a des temps morts aussi parce que l’on est dans un road-movie. La séquence du mariage permet de se poser un peu.

Mais il y a aussi une tension dans cette séquence du mariage, car étant donné ce qu’elles ont vécu avant, on se dit que tout cela ne va pas très bien finir.

Céline : Effectivement cela nourrit la tension. Ce sont aussi les séquence fun du film. En tant que comédiens c’était un peu le moment de célébration du film. Elles décident de rentrer à Paris et cela va les rattraper. C’est le chant du cygne.

Alexandre, tu voulais faire une troupe de cinéma. L’avez-vous ressenti sur le tournage?

Céline : Pas trop en fait. C’était comme un village : il y a des jours où tout va bien, et d’autres moins. Il y a un côté un peu colonie de vacances! Parfois on n’en peut plus de soi, et aussi de soi et des autres. On est quand même en circuit fermé. Mais cela est dense et on est là pour ça. Ce qui n’empêche pas que par moment on a envie de retrouver sa propre vie.
Ophélie : Le côté humain joue beaucoup. On est quand même là en tant que personne et non en tant que poste! C’est aussi une manière de travailler.
Alexandre : J’ai vu une différence par rapport aux tournages « classiques » que j’ai pu faire avant. Tout le monde s’aidait, collaborait. C’est là que j’ai vraiment senti l’esprit de troupe.

Céline et Ophélie, quelle scène a été la plus difficile à tourner? Et la plus facile?

Céline : Avec Jojo le fermier. On savait qu’il n’était pas comédien. Il ne fallait faire qu’une seule prise. Et en fait ce mec là m’a bluffé, bouleversé. Il avait une telle humanité… On a fait la séquence finalement trois ou quatre fois et ils étaient épatants. J’avais envie de lui dire : « Apprenez moi mon métier ». C’était dingue. Ça m’a mis K.O. On était à fond dans son histoire. Après sur le reste du tournage il peut y avoir des difficultés techniques, émotionnelles. J’ai eu du mal avec la marche arrière de la voiture!
Ophélie : Pareil pour moi avec Jojo. Cette scène était incroyable. Et la difficulté pour moi c’était la nudité. Ou plutôt le regard des hommes sur ma nudité. Sur la coup ça allait mais c’est après. Voir des choses dans le regard des hommes. Et puis c’est plus difficile avec trois ou quatre personnes que devant une centaine. Pour la scène du mariage ça allait, mais la scène au début dans le cabaret était très compliquée à gérer.

Alexandre, comment as-tu choisi les prénoms de tes personnages?

Pour Juillette, je voulais un personnage qui passe de façon insignifiante dans la vie des gens. Que son prénom soit une interrogation. Que cela soit un ovni.
Pour Axelle, dans la première version du scénario le garçon s’appelait déjà Axel. On l’a gardé!

Les marais criminels, réalisé par Alexandre Messina, avec Ophélie Bazillou, Céline Esperin, Laurent Grévill
Sortie le 03 mars 2010

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