Cinema

Les héritiers de la Nouvelle Vague

14 mai 2009 | PAR Jeremy

Attention : ce qui suit dévoile des moments clés de l’intrigue

« On m’a demandé ce que je pense de « la nouvelle vague » : j’aime toutes les vagues. Ça remue ! » ironisait Francis Blanche. La boutade ne tient pas uniquement de la métaphore. La Nouvelle Vague a réellement provoqué un remous médiatique dans l’intelligentsia cannoise du Festival de 1959. C’est le désir furtif et l’absence de conventions qui guidèrent les jeunes réalisateurs, vitupérant leur haine du conformisme dans Les Cahiers du Cinéma. Truffaut, Godard, Chabrol et Rivette, belle bande à part à rebours du cinéma de l’après-guerre. Qu’en reste-t-il, cinquante ans plus tard, compte tenu de la production actuelle et de la projection du Festival de 2009 ?

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Bande à part ou révolte au Musée du Louvre

La Nouvelle Vague incarne les 400 coups de pied au cul du conformisme des années 50, avant de devenir le paradigme des années 80. Les « jeunes turcs », en référence à la nouvelle génération socialiste des années 30, devinrent les rentiers du cinéma, moins soucieux de conserver une image de rebelle que de rester en haut de la hiérarchie cinématographique. Ils prônèrent une politique des auteurs qui rendait aux réalisateurs leur statut originel, sur le modèle des écrivains en littérature, c’est-à-dire propriétaires de leur création. L’héritage subversif de cette nouvelle vague du cinéma français repose avant tout dans la posture critique qu’ils insufflèrent au sein d’un monde d’après-guerre fébrile, dans lequel la jeunesse estudiantine ne voulait pas s’enfermer. A la frilosité des grosses productions, les réalisateurs de la Nouvelle Vague opposent la frivolité intellectuelle. « Dis, tu les aimes mes fesses ? », ironise (?) Brigitte Bardot. C’est aussi dans la posture esthétique et visuelle que Godard, dans « Le Mépris », veut transcender les limites en institutionnalisant la beauté provocatrice d’une jeune actrice qui illuminait déjà la Croisette en 53. La thématique récurrente des années 60, insufflée par le mouvement de ces cinéastes, débute avec la poésie et la violence du verbe et se termine par la révolte bourgeoise de 68.

Cannes n’a pas perdu son charme, et les années 2000 sont bénies pour le cinéma. Le Festival est toujours un rendez-vous glamour et le lieu d’une émulation intellectuelle (et financière) incroyable. Mais l’héritage subversif a disparu, et personne ne semble en prendre la relève. Révolution technique, d’aucuns pensent que la Nouvelle Vague ne fût pas une révolution artistique. Non pas une révolution de l’Esprit, tout juste une révolte des esprits.

A bout de souffle
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Jérémy Collado

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Jeremy

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