Cinema

Les herbes folles, le nouveau Resnais

03 novembre 2009 | PAR Yaël Hirsch

L’immense Resnais abandonne la comédie musicale et revient à l’adaptation littéraire avec ce film tiré du roman de Chistian Gailly, « L’incident » (Editions de Minuit). Dans « Les herbes folles », le public retrouve Dussolier et Azéma dans une suite très psychologique d’actes irrationnels.

Dentiste et aussi aviatrice, Marguerite Muir (Sabine Azéma) se fait voler son sac en allant acheter des chaussures dans un magasin des galeries du Palais Royal. Peu après, dans un parking de centre commercial de banlieue, Georges Palet (André Dussolier) retrouve le porte monnaie de Mademoiselle Muir. Il le confie à un agent de police (énorme Mathieu Amalric). Le coup de fil de Marguerite pour remercier un Georges désoccupé mais très bien marié (le rôle de la femme étant tenu par l’étoile montante du cinéma français, nne Consigny) entraîne une relation non-sexuelle et complétement obsessionnelle sur fond de confidences autobiographiques par lettres, d’amour pour les aviateurs des années 1930, et de pneus crevés.

Affiche  signée Blutch, titre sublime, casting bouleversant (Azéma en éternelle rousse éméchée, Dussolier en psychopathe qui retient ses envies de meurtre, Anne Consigny, Emmanuelle Devos dans son rôle favori de bourgeoise, Matthieu Amalric, Michel Vuillermoz, apparitions de Nicolas Duvauchelle, Sara Forestier ainsi qu’Annie Cordy et même Edouard Baer pour la voix off), parfaite distance au texte de Gailly qui voulait surtout que Resnais lui fiche la paix et lui laisse écrire son roman suivant, « Les herbes folles » est un film fin, aux plans léchés, aux flash backs chorégraphiés et à la psychologie  impeccable. Le film est moins facile d’accès qu' »On connaît la chanson » ou « Smoking no smoking » et renoue avec l’absurde très littéraire de « La vie est un roman » (1983) ; l’apprécier demande donc une certaine patience et le goût du détail, mais tout ceci réjouira les fans d’Alain Resnais.

« Les herbes folles », d’Alain Resnais, avec André Dussolier, Sabine Azéma, Anne Consigny, Emmanuelle Devos, Matthieu Amalric, Michel Vuillermoz, Nicolas Duvauchelle, Sara Forestier, et Annie Cordy, 2009, 1h44, sortie le 4 novembre.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

5 thoughts on “Les herbes folles, le nouveau Resnais”

Commentaire(s)

  • trop hâte de le voir demain!

    novembre 3, 2009 at 21 h 27 min
  • J’ai adoré mais je pense voyant la réaction des autres spectateurs que Resnais est victime d’un malentendu, les gens ne comprennent pas qu’il joue avec la forme et qu’il est fondamentalement surréaliste dans son amour pour l’absurde. En cause le looping final qui m’a beaucoup fait rire mais qui a traumatisé (apparemment ) beaucoup de gens du public  » quand je serais un chat est-ce que je pourrais manger des croquettes? » est la meilleure phrase du monde! Bref allez-y en vous rappelant que resnais estplus du côté de Lynch que de celui d’Agnès jaoui!!

    novembre 6, 2009 at 12 h 34 min
  • Yaël Hirsch
    yael

    1000 % d’accord avec vous Valérie, il faut en rire et rire de nous mêmes en regardant les herbes folles.

    novembre 6, 2009 at 15 h 52 min

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