Cinema
Les films de la programmation ACID Cannes 2020

Les films de la programmation ACID Cannes 2020

04 juin 2020 | PAR Geoffrey Nabavian

Malgré l’annulation du Festival de Cannes 2020, pour cause de coronavirus, l’Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion a supervisé sa sélection annuelle de films, aujourd’hui révélées. Joie : ces neuf oeuvres seront à découvrir en septembre-octobre lors de cycles de projections publiques.

Chaque année, au sein du Festival de Cannes, la programmation proposée par l’ACID (ou Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion) impose ses couleurs novatrices. Malgré l’annulation de la quinzaine cannoise 2020, l’Association a supervisé son choix de films pour cette année, et entend leur faire rencontrer leur public avant que 2021 ne vienne effacer le souvenir de ces temps perturbés. Comme habituellement, une dizaine de cinéastes – treize cette année, avec parmi eux Stéphane Batut, dont le très beau Vif-argent avait brillé au sein de la sélection ACID 2019, ou, entre autres, Anne Alix, présente en ouverture de la section cannoise en 2018 avec Il se passe quelque chose – a fait son choix parmi « plusieurs centaines » d’œuvres vues, pour composer ce programme destiné à révéler des talents.

Cinq fictions, quatre documentaires, et parmi eux, cinq films réalisés par des femmes, sont donc au final à l’affiche de cette Programmation Acid Cannes 2020. Reportée, on le déplore, la Sélection ACID Trip, consacrée chaque année à un pays précis (2020 devait être l’année du Chili) et composée de trois ou quatre œuvres, se tiendra à nouveau en 2021, seulement. L’Association et les cinéastes sélectionneurs s’apprêtent donc à promouvoir ces films retenus, d’abord auprès de leurs partenaires internationaux au sein du Marché du film de Cannes en ligne, en juin, puis lors de projections pour les exploitants, à l’automne. Puis le réseau de salles adhérentes à l’ACID, les partenaires éducatifs, et les spectateurs « relais » et jeunes ambassadeurs de l’Association feront pour la programmation et l’accompagnement des films, en amont et lors de leurs sorties dans les salles françaises.

Ces neuf films seront également à découvrir lors de cycles de projections publiques : ceux-ci se tiendront à Paris, du 25 au 29 septembre au Louxor, à Lyon, du 2 au 4 octobre au Comoedia, et à Marseille, du 8 au 11 octobre au Gyptis et à La Baleine, puis à la Cinémathèque de Corse, et au sein d’autres Festivals partenaires.

Les neuf films de la Programmation Acid Cannes 2020

On ne peut que se réjouir, tout d’abord, de la présence au sein de cette sélection, de la nouvelle réalisation du français Ilan Kilpper, très remarqué au sein de la Programmation Acid Cannes 2017 avec son magnifique Le Ciel étoilé au-dessus de ma tête : dans Funambules, film à la forme documentaire, il s’attache à suivre des hommes et femmes ayant franchi le « mur » de la folie. La française Marie Dumora, saluée également en 2017, au sein de la même Sélection, avec Belinda, sera également présente en 2020, avec Loin de vous j’ai grandi, documentaire de création qui s’attache à un jeune de 13 ans vivant dans un foyer, qui s’active pour « trouver sa place ».

Entre la France et la Lituanie, la réalisatrice Bojena Horackova (A l’Est de moi) signe, elle, Walden, ou le retour d’une femme exilée à Vilnius, où ses souvenirs de jeunesse, avant la chute de l’U.R.S.S., lui reviennent en tête, tandis qu’elle recherche le lac de son enfance. Entre France et Cambodge, Jessé Miceli peint Phnom Penh et les itinéraires de trois jeunes gens en son sein, à travers son film de fiction Les Affluents.

Réalisateur de Casa nostra et Avant l’aurore (remarqué au sein de la Programmation ACID Cannes 2015), le français Nathan Nicholovitch revient en 2020 avec Les Graines que l’on sème, consacré à un deuil collectif, celui d’une adolescente juste « coupable » d’avoir signé un tag. Tandis qu’entre Italie et Suisse, Michele Pennetta s’emploie à suivre, dans le documentaire Il mio corpo, la rencontre en Sicile entre un enfant ferrailleur et un jeune migrant nigérian, et que le duo de cinéastes Diane Sara Bouzgarrou et Thomas Jenkoe se penchent sur le destin d’un mineur des Appalaches, au sein d’un Kentucky où cette industrie a périclité, au fil de leur film The Last Hillbilly.

Enfin, avec Last days of Spring, la réalisatrice Isabel Lamberti s’accroche aux difficiles pas de familles devant quitter un bidonville non loin de Madrid, tandis que Nora Martirosyan peint, dans Si le vent tombe, l’attente d’un expert au sein d’un aéroport fermé, dans une république auto-proclamée située dans le Caucase. Une production présentée en association avec la Sélection Officielle du Festival de Cannes, et qualifiée par Thierry Frémaux de « Désert des Tartares de Buzzati dans un aéroport« .

Sans acteurs connus ou déjà reconnus au sein de ces distributions, et riche en formes paraissant au croisement des genres, cette Sélection s’annonce comme bien fournie en invitations au rêve et à l’imaginaire, destinées à faire lire le réel (bien présent au sein des sujets choisis) autrement. A découvrir lors des cycles de projections publiques.

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Visuel : affiche de la Programmation ACID Cannes 2020 © Tanguy Jestin

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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