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Le top cinéma 2019 de Toute La Culture

Le top cinéma 2019 de Toute La Culture

17 décembre 2019 | PAR La Rédaction
 

Cannes, Berlin, Carcassonne, Belfort, Arras et même Paris et sa banlieue, les rédacteurs cinéma n’ont pas arrêté d’aller dans les salles sombres.

Géraldine Bretault

Un coup de poing au ventre et à la gorge qui se resserre de plus en plus avec So Long, My Son, de Wang Xiaoshuai. Rarement la petite histoire – dramatique, autour de la mort accidentelle d’un fils – n’a vibré avec autant de force, enchâssée dans l’implacable Histoire avec un grand H dans la Chine du XXe siècle. Semblant lutter autant contre le désespoir que contre les éléments, les deux rôles principaux sont exceptionnels, et chaque plan est une magie visuelle, que ce soit par l’originalité des cadrages ou le rapport pictural du cinéaste à la couleur. Je glisse à côté Joker pour sa portée politique éminemment  « gilets jaunes », et non loin Roubaix d’Arnaud Desplechin, autre forme de film politique en demi-teinte, noirceur et poisseur réunies, auréolée d’un superbe Roschdy Zem aux accents messianiques.

Simon Théodore

Strasbourg. Capitale de Noël en décembre, capitale du film européen fantastique en Septembre. Comme tous les ans, je découvre au FEFFS un genre cinématographique aux frontières floues mais extrêmement riche. Cette année, j’ai joué tous les mauvais pronostics dans la mesure où peu de films de ma sélection n’ont été primés. Heureusement que Geoffrey a eu meilleur flair à l’Étrange Festival dont la programmation était assez proche. Cependant, « Come to Daddy » d’Ant Tompson était l’un des films les plus efficaces. Gags et hémoglobine pour une ambiance à la Happy Tree Friends dans ce thriller. Et puis, ce n’est pas dans tous les films qu’Elijah Wood porte la moustache ! Par son réalisme et sa noirceur, « Sons of Denmark » fut également extrêmement poignant, voire effrayant lorsque l’on assiste à la montée des nationalismes et des populismes à notre époque. Enfin, le FEFFS ne serait pas le FEFFS sans les midnight movies. Pas forcément les films les plus intelligents mais force est de reconnaître que je suis adepte. Le scénario d’Aquaslash où des jeunes se font découper dans des tobogans de parcs aquatiques était aguicheur mais « Porno » de Keola Racela fut un cran au-dessus. Du sang, du sexe et des démons : que demander de plus pour laisser son cerveau de côté un court instant et passer une soirée entre amis devant un film de série Z ?

Magali Sautreuil

La grande enfant que je suis est tombée sous le charme de Maléfique : Le pouvoir du mal. J’avoue avoir une tendresse particulière pour ce personnage, dont l’adaptation live est à des années lumières du dessin animé. Le contraste entre la Lande et le monde des humains est saisissant. Les personnages ne sont ni foncièrement bons, ni mauvais, comme dans la vie. Mais ce que j’ai le plus aimé est la découverte des autres fées noires… 

Pierre-Lou Quillard

Souvenir  ! Avec deux amis, on est les derniers de la file d’attente à avoir le droit d’assister à l’avant-première cannoise de La Belle Epoque, second long de Nicolas Bedos qui est présenté hors compétition. La crème du cinéma Français est déjà sur le tapis, sous les flashs qui crépitent et les cris des photographes. On se retrouve nez à nez avec Pierre Lescure qui patiente fièrement au sommet des marches. Dans la salle du Palais des Festivals, les rires fusent au rythme soutenu des dialogues ciselés. L’écriture est intelligente. Le duo Ardan-Auteuil génialissime, comme on l’a jamais vu ! La nostalgie des seventies, la poésie d’une rencontre dans un décor de cinéma… Bedos fils étonne une fois de plus et arrive à me faire plonger aux larmes dans l’émotion. Défi à nouveau réussi lorsque je retourne voir le film à sa sortie en salle. Certainement ma comédie française préférée de cette année !

Lou Baudillon

Beaucoup de coup de cœurs dans les salles de cinémas cette année, mais Parasite de Bong Joon-Ho restera pour moi le plus grand choc visuel et émotionnel de 2019. J’en suis ressortie frappée par la myriade d’émotions ressenties au cours du film, convaincue que ce fut une des plus belle et expérimentale séance de cinéma qu’il m’ait été donné de voir. 90’s de Jonah Hill a pris également une forte place, autant par son propos sauvage et nostalgique m’ayant personnellement beaucoup touchée que par sa mise en scène si particulière. Enfin, j’ai été dernièrement très émue par Marriage Story de Noah Baumbach découvert sur Netflix et par les performances frissonantes de Scarlett Johansson et de Adam Driver. Mention spéciale à Joker, Portrait de la jeune fille en feu, Midsommar et plus récemment Les Misérables qui tiennent aussi une belle place dans le podium de mon cœur de cinéphile!

Geoffrey Nabavian

On dira que les studios Walt Disney ont régné en maître sur les entrées dans les salles de France, en cette année 2019. Ce qui n’a pas empêché les distributeurs français de proposer des expériences avant-gardistes à foison, au long de ces douze mois. Grand merci à eux, ce fut plus que jamais un plaisir de se lever les samedis matin pour aller découvrir au calme dans des salles art et essai des films de quatre heures. Pour sa capacité à mêler des visions d’un passé réinventé, des questions très actuelles sur la croyance religieuse et un lyrisme venu du ciel, je décerne mon prix du meilleur film 2019 à Jeanne, de Bruno Dumont (vu à Cannes 2019). Chef-d’oeuvre, tout court (merci aux Films du Losange). Pour sa prise de risque absolue, sa maestria, son originalité et sa profondeur, La Flor et sa durée de 12h47 (sans compter le générique de fin) reçoivent mon second prix : le réalisateur argentin y fait passer le spectateur du film d’horreur d’auteur au drame musical puis au film d’espionnage avant-gardiste (tenu pendant 5h10 juste sublimes), en passant par trois autres genres également. Unique (merci à ARP Sélection). Pour ses teintes grises, son mélange entre ton social et absolu, sa musique (la plus belle de 2019) et le temps qu’il nous fait passer avec ses héros résignés (3h50), An elephant sitting still du chinois Hu Bo remporte mon troisième prix : les parcours des quatre héros confrontés au vide dans la Chine actuelle qu’il donne à suivre impose une musique particulière. Hu Bo ne fera jamais de deuxième film : il s’est suicidé en 2017. Une traversée belle et triste (merci à Capricci). Pour son univers original, sa violence sous-jacente et son sujet d’une importance capitale aujourd’hui, c’est Jessica Forever de Caroline Poggi et Jonathan Vinel qui gagne mon quatrième prix : on se souviendra de Jessica, guerrière menant les jeunes hommes sauvages n’ayant jamais connu l’amour de quelqu’un, vers un avenir meilleur. Un geste, profond (merci au Pacte). Pour ses personnages décalés dans un monde qui ne veut pas d’eux, sa finesse d’écriture et ses acteurs (Drucker et Marmaï mais aussi Gilles Privat, Mélodie Richard…), c’est Je promets d’être sage de Ronan Le Page qui pose sur la cinquième place : la micro odyssée acide de deux cabossés (un ex-metteur en scène, une femme ayant subi un traumatisme dû à la pression) travaillant dans un musée, splendidement mise en musique par le grand Florent Marchet. Un petit miracle (merci à Apollo Films). Vive la prise de risque, et vive le cinéma français.

Yaël Hirsch

Le film qui m’a le plus émue a remporté le festival du Film des Arcs l’an dernier : Dans C’est ça l’amour, Claire Burger fait un portrait d’homme et de famille à la fois simple et bouleversant. Magistral dans sa modestie et son exactitude, Le jeune Ahmed en compétition officielle à Cannes était une grande cuvée des frères Dardenne. Enfin, le Dominik Moll cinglant de Harry, un ami qui vous veut du bien et de Lemmings nous est revenu en 2019 avec un thriller sur la solitude génialement mené ou les Causses et Abidjan contrastent avec grandeur : Seules les bêtes. 

 

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