Cinema
Le Nouveau festival au Centre Pompidou

Le Nouveau festival au Centre Pompidou

20 février 2012 | PAR Smaranda Olcese

Pendant trois semaines, le Centre Pompidou se met à l’heure du Nouveau festival. Ses différents espaces, le Forum, la Petite salle et les Cinémas 1 et 2 accueillent en accès libre une programmation foisonnante à la croisée de la performance, des arts plastiques, des arts de la parole et du cinéma. La collection permanente entre elle aussi en résonance et participe à cette émulation : dans la Galerie sud, les grands invités de cette édition, Gisèle Vienne et Denis Cooper proposent une lecture personnelle et sensible d’œuvres méconnues extraites des vastes réserves du Centre Pompidou, Read into My Black Holes.

C’est autour de l’univers de ces deux créateurs que Bernard Blistène, directeur artistique du Nouveau festival, imagine une manifestation qui, fidèle à l’esprit défricheur, interdisciplinaire qui est le sien depuis son lancement en 2010, permet d’appréhender l’élargissement des territoires de la création contemporaine. Culture pop et visuelle, scènes alternatives, arts et pratiques parfois occultés dans nos sociétés actuelles donnent la note décidément excitante de cette édition. Le choix des autres grands invités du Nouveau festival vient conforter et étayer des pistes de réflexion qui se dégagent à partir de l’œuvre de la plasticienne, chorégraphe et metteuse en scène qu’est Gisèle Vienne. Le projet Teenage Hallucination, dans l’Espace 315, mené de biais avec Denis Cooper, écrivain, poète et critique d’art américain, et collaborateur de longue date, prend la poupée comme point de départ : corps articulés, corps photographiés, corps mécaniques, pour installation unique de 39 poupées d’adolescents, labyrinthe halluciné qui débouche sur un théâtre caché, rempart de performances live et d’autres événements. Il faut relever également les propositions autour de l’art de la ventriloquie par le jeune critique d’art Paul Bernard ou autour du jeu par le philosophe Elie During. A l’invitation de Bernard Blistène, la vidéaste Valérie Mréjen envisage toute une programmation conçue sous l’angle de l’enquête et réunit plasticiens, écrivains, comédiens et cinéastes autour d’une  figure atypique de la littérature européenne, W. G. Sebald.

Réflexion en acte sur la présence et les potentialités, peut être tout aussi passionnante que l’espace expérimental imaginée par Gisèle Vienne, le geste artistique du cinéaste canadien Guy Maddin invoque l’esprit des projets perdus à jamais de grands noms de l’histoire du cinéma. Ses séances de spiritisme regroupant des comédiens comme Mathieu Amalric, Amira Casar, Miguel Cueva, Mathieu Demy, Maria de Medeiros, Jacques Nolot, Jean-François Stévenin, André Wilms, parmi d’autres, donneront lieu à la réalisation, sous les yeux du public, de 17 courts métrages, étape parisienne d’une série d’une centaine de films courts, tournés à la Biennale de Sao Paolo et au MoMA de New-York notamment. A suivre au jour le jour sur http://spiritismes.centrepompidou.fr

La programmation de Spectacles Vivants sera l’occasion de quelques rendez-vous incontournables, des événements comme le concert électro-expérimental de Christien Fennesz et la venue d’Anne Teresa de Keersmaeker avec sa pièce mytique, Fase, Four Movements to the Music of Steve Reich. Autre temps fort, la représentation de Them, création de Chris Cochrane, Dennis Cooper et Ishmael Huston-Jones, interdite dans les Etats-Unis des années 80.

 

 

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