Cinema

Le drôle de Noël de Scrooge

13 décembre 2009 | PAR Geraldine Pioud

Le 25 novembre dernier est sorti sur les écrans français le Disney de Noël. Mais contrairement à son appellation, ce dessin animé en 3D ne s’adresse pas aux petits. En adaptant Dickens, Disney fait preuve d’audace. Et de nostalgie.

Ebenezer Scrooge est un vieillard acariâtre, égoïste et vénal. La vie l’a transformé en un personnage détestable et solitaire. Il est craint par son employé, par les enfants, par les passants. Son neveu tente de l’inviter pour Noël, mais Scrooge demeure fidèle à lui-même : désagréable et humiliant. Mais, de retour dans sa sinistre demeure, le vieil homme va vivre une nuit hors du temps. Elle commence par l’apparition du fantôme de son ancien associé Marley, qui vient l’avertir de la venue de trois esprits qui l’emmèneront à la découverte des Noëls passés, présent et à venir. Le mort est rongé par les remords, il erre dans un non-lieu infernal et espère que ce voyage nocturne sauvera son ami.

De suspens il n’y a pas vraiment, car qui connaît un peu l’oeuvre de Dickens imagine sans mal la conclusion (et le message) du Drôle de Noël de Scrooge. Mais l’essentiel n’est point là, car Disney a plutôt décidé de mettre les (belles) formes afin d’offrir un spectacle visuel digne des plus beaux souvenirs d’enfance. Le choix de la 3D offre une impression de proximité parfois angoissante, et la mise en image reste fidèle à l’univers à la fois sombre et lumineux de Dickens. Bien-sûr la magie de Noël sauve les âmes, et la générosité des coeurs saura convertir les plus réticents. Il y a chez Dickens (et chez Disney aussi) une sorte de naïveté enfantine qui laisse croire que même les êtres les plus vils peuvent aussi être généreux. Un espoir idéaliste? Pas tant. Car les deux univers, à des époques et sur des supports différents, croisent l’atrocité et l’égoïsme du monde avec des espoirs simples et terrestres (réalisables donc). Un Disney de Noël pour les adultes qui ont encore une âme

d’enfant.

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Geraldine Pioud

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