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Le discours d’un roi: une voix royale…

Le discours d’un roi: une voix royale…

02 février 2011 | PAR Gilles Herail

Magistralement interprétée, cette histoire de roi bègue tient son rang avec panache. La critique de ce film aussi drôle qu’émouvant qui va séduire les foules.

Précédé d’une excellente réputation, le discours d’un roi arrive en salles auréolé de ses récentes nominations aux Oscars et aux BAFTA. Le scénario mêle la petite histoire à la grande en suivant l’épopée d’un roi malgré lui qui va devoir surmonter son handicap pour réunir la nation anglaise en temps de guerre lors d’une allocution radio. Sans être un très grand film et malgré des petites longueurs, The king’s speech est un véritable coup de cœur. Cette ‘histoire libératrice de la naissance d’un homme d’état est un vrai appel à la confiance en soi. Cet émotif qui souhaiterait rester anonyme doit affronter son destin et son défaut d’élocution mais surtout assumer son héritage et son rang. La thématique est finalement classique (l’acceptation de soi) mais implique une portée universelle.

Le discours d’un roi est construit comme Le concert, les deux premiers tiers du film préparant la scène finale dans un crescendo permanent. Au delà du portrait universel et émouvant d’un homme qui apprend à s’imposer, le parti pris du réalisateur est d’adopter un point de vue à hauteur d’homme pour raconter une histoire d’amitié. Celle d’un membre de la famille royale et d’un olibrius iconoclaste qui l’appelle affectueusement Bertie et sait le bousculer pour réussir là où les orthophonistes certifiés ont échoué. On rit énormément de son audace, sa roublardise et son ironie. Les scènes d’élocution deviennent un jeu de dupes, un ballet où les mots sont une musique et les intonations des mouvements gracieux. C’est cette énergie qui provoque un plaisir communicatif au spectateur. Geoffrey Rush est au cœur du film et lui amène sa légèreté, voire un brin de folie dans un univers qui aurait pu pourtant sentir la naphtaline.

Courez donc voir cette version royale et anglaise des Emotifs anonymes pour apprendre à laisser s’exprimer l’orateur qui sommeille en vous. Certains naissent en tant que grand homme, d’autres le deviennent. Le slogan de bande-annonce résume parfaitement les enjeux du film. A la fois bouleversant et jubilatoire.

Gilles Hérail

The king’s speech, un film anglais de Tom Hooper avec Colin Firth, Geoffrey Rush, Helena Bonham Carter, 1h50, sortie le 2 février 2011

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Gilles Herail

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