Cinema

Le créateur d’A la Maison Blanche revient avec The Newsroom : alors, ça donne quoi?

Le créateur d’A la Maison Blanche revient avec The Newsroom : alors, ça donne quoi?

27 juin 2012 | PAR Ariane Kupferman Sutthavong

Une entrée en matière monumentale, somptueuse. Un discours grandiose, quoique grandiloquent sur sa fin, où Will McAvoy, interprété par un Jeff Daniels inégal, harangue sur le déclin de la grande nation américaine mais également son potentiel à venir. Un sermon à l’image de ce pilot bavard dans lequel Aaron Sorkin pèche à la fois par excès de manichéisme et de cynisme.

Après un détour par le cinéma (The Social Network, Oscar du Meilleur Scénario Adapté entre autres), le créateur de la mythique série de NBC The West Wing nous entraîne à nouveau dans les coulisses du pouvoir. Cette fois, c’est de celui des médias qu’il s’agit. On retrouve la patte d’Aaron Sorkin, toujours soucieux de montrer l’envers du décor, le bourdonnement incessant qui se cache derrière le lustre de façade, son écriture spirituelle et engagée. Une mécanique qu’on lui connaît bien. Trop, peut-être?

Car après une première séquence remarquable et médusante, le soufflé retombe bien vite. Le journaliste et présentateur vedette de la chaîne (fictive mais similaire à CNN) Atlantis Cable News est lâché par ses collègues de travail après le scandale de son pétage de plombs. Il a le moral à plat et nous aussi. Les personnages semblent uni-dimensionnels et l’intrigue a pour le moment aussi peu de saveur qu’une pizza réchauffée. Insipide également, la blague sorkinienne sur Twitter (l’action se déroule en 2010. Ça va. Ils ont eu le temps de s’habituer au 140 caractères…). Le casting était impressionnant (Jeff Daniels, Emily Mortimer, Dev Patel, etc.) mais le résultat déçoit. Pour le moment.

Aaron Sorkin sombrerait-il dans la dénonciation tiède et molle? Le scénariste semble tiraillé entre la figure modèle du journaliste scrupuleux, parangon d’éthique et le mépris d’une Amérique moyenne qui conditionne à tort et à travers les choix d’émissions télévisées par les hasards (ou l’imbécilité) de l’audimat. Pris au piège entre sa vision et sa conscience, Sorkin gagnerait à tendre vers le cynisme de l’analyse, insufflant une âme à des passages désincarnés. HBO nous avait habitués à davantage d’impertinence, moins de politiquement correct… A vouloir trop prendre le spectateur par la main, Sorkin risque bien d’avoir cette dernière dans la figure. Peut mieux faire.

 

 


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Ariane Kupferman Sutthavong

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