Cinema

Le cinéma Le Louxor va retrouver son éclat d’antan

23 avril 2010 | PAR Geraldine Pioud

Situé au métro Barbès-Rochechouart, le cinéma Le Louxor est un petit bijou architectural de style égyptien, construit dans les années 20. Aujourd’hui dans un piteux état, il devrait rouvrir ses portes en 2013 après des travaux de réfection et devenir une salle Art et Essai.

Construit en 1920 à la place d’un immeuble haussmanien, le cinéma Le Louxor est l’oeuvre de l’architecte André Zipcy et du céramiste Tibéri. À l’intérieur, une multitude de mosaïques, de fresques de pharaons et de corniches constituent un véritable trésor. Philippe Pumain, architecte en charge de la restauration, explique : « Il y a eu une phase en France néo-égyptienne, à l’époque du retour de Napoléon de la campagne d’Egypte. À Paris, on construit le passage du Caire avec des têtes d’Egyptiens sur la façade. Il y a eu ensuite une renaissance très forte de cette inspiration égyptisante au début du XXe siècle dans le domaine du cinéma. (…) Le Louxor est un exemple de l’égyptomanie de l’époque, où une centaine de cinémas de ce type sont construits dans le monde. » La restauration (estimée à 29 millions d’euros) se fera donc en conservant au maximum l’esprit d’origine.

Inscrit à l’inventaire des monuments historiques dans les années 80, Le Louxor eut depuis plusieurs vies: tout d’abord discothèque, puis racheté par Textile Diffusion (Tati) en 1983, il est laissé à l’abandon en 1987. Comme beaucoup de cinémas de ce quartier, Le Louxor était condamné à la démolition. Mais il sera sauvé par de nombreux mouvements (le plus important étant le comité « Sauvons Le Louxor ») et surtout par la maire de Paris qui le rachète en 2003 pour 1,3 million d’euros. Ce ne fut malheureusement pas le cas d’autres cinémas: le Palais Rochechouart (anciennement au 15, bd Rochechouart), immense salle de plus de 2000 places dans laquelle se déroula l’avant-première de La Chienne de Renoir, fut démoli en 1969; l’Hippodrome (appelé aussi Gaumont Palace, il offrait 6000 places), qui trônait auparavant au 1, rue Caulaincourt, subit le même sort en 1972: à présent à cet emplacement se dresse un magasin de bricolage et deux hôtels; quant au Folies Pigalle, les noctambules sauront vous dire ce qu’il est devenu… Rien que dans le périmètre montmartrois, les exemples se comptent par dizaine. Les démolitions de ces temples dédiés au cinéma ne sont que le reflet d’une société qui, pensant évoluer, ne fait que trahir son histoire culturel et architectural. L’initiative de la mairie de Paris est à saluer, à applaudir : un cinéma sauvé, et c’est toute une partie de l’histoire du quartier qui est réhabilitée!

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Geraldine Pioud

One thought on “Le cinéma Le Louxor va retrouver son éclat d’antan”

Commentaire(s)

  • Jean Eisenstaedt

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    juillet 1, 2010 at 6 h 10 min

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