Cinema

Le bruit des glaçons : Drôle et surprenant, Blier au sommet de SON art

30 août 2010 | PAR Gilles Herail

« C’est l’histoire d’un homme qui reçoit la visite de son cancer ». Blier, Dujardin, Dupontel. Plusieurs générations mais un même goût de l’absurde teinté de gravité. Le bruit des glaçons prend le meilleur de chacun pour un résultat étonnant.

Le bruit des glaçons n’est peut être pas un très bon film mais c’est un film enthousiasmant. Une œuvre où Bertrand Blier rappelle qu’il n’est pas qu’un grand dialoguiste, mais aussi un metteur en scène qui sait jouer avec les codes cinématographiques. Les monologues face caméras de Dujardin, et le montage des flashes back sont à ce titre très intéressants. Blier semble retrouver l’envie de surprendre et d’imposer un style, bref de faire son cinéma.

On a beaucoup parlé du thème soit disant choquant du film. Il n’en est rien. Blier parle des femmes, de l’amour et de la mort comme dans la plupart de ses films. La pirouette scénaristique est cependant ici particulièrement bien trouvée. L’idée de personnifier les cancers (glaçants Dupontel et Myriam Boyer) permet d’aborder un thème présumé difficile avec une légèreté bienvenue.

Les joutes verbales sont jouissives et les effets comiques très réussis. Anne Alvaro, incarnant une servante dévouée et amoureuse de l’écrivain joué par Jean Dujardin permet d’emmener le film sur un fil d’émotion plus tendu. Si comme toujours chez Blier, certains dialogues trop écrits sonnent faux, on croit totalement à la naissance d’un amour improbable entre ces deux condamnés qui vont jouer un dernier tour à leurs cancers.

Une scène de sexe inutile entre la servante et le jeune fils de l’écrivain entache la modernité du propos, par son caractère aussi désuet que maladroit. Cependant, tant sur la mise en image que sur l’inventivité du scenario, Blier prouve qu’il a encore des choses à dire. La réflexion sur la mort, les adieux, et la relation à la maladie n’avait jamais été abordée de la sorte. Blier l’a fait avec son point de vue et malgré ses maladresses.

Un film drôle, émouvant, original et bizarre mais fondamentalement optimiste. Du bon Blier qui plaira à ses fans sans convaincre ses détracteurs. Et c’est tant mieux.

Gilles Hérail

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