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La Servante de Kim Ki-Young, un grand classique du cinéma coréen en version restaurée (en salles le 15 août)

La Servante de Kim Ki-Young, un grand classique du cinéma coréen en version restaurée (en salles le 15 août)

17 juillet 2012 | PAR Yaël Hirsch

Film phare du cinéma coréen, La Servante (Hanyo, 1960) de Kim Ki-Young a inspiré aussi bien Im Sang-Soo (« The Housemaid) que Park Chan-Wook (Old Boy) ou Bong Joon-Ho (The Host). Ce classique du cinéma coréen qui questionne la stabilité de la cellule familiale au bord de l’épouvante a été restauré par le KOrean Film Archive avec l’aide de la World Cinéma Foundation et arrive sur nos écrans dans un Noir et Blanc immaculé le 15 août prochain.

Monsieur Kim, sa femme et leurs deux enfants commencent à connaître une certaine aisance. Elle coud, il donne des leçons de piano et ils parviennent à emménager dans une grande maison. Pas une ombre au tableau, donc, si ce n’est qu’entre la machine à coudre, le travail domestique et une grossesse qui se profile, la mère est épuisée. Monsieur Kim demande donc à l’une des ouvrières à qui il donne des cours de chant dans une usine de leur trouver une servante. Sauvage, maigrissime et les yeux noirs brûlants, une jeune-fille entre dans leur maison. Mais elle tombe irrésistiblement sous le charme de Monsieur Kim et est prête à tous les chantages et les maniements de poison pour obtenir cet homme…

A la limite de l’horreur, « La Servante » crée une atmosphère d’épouvante grâce à sa musique à cœur battant, les yeux d’ébène de son actrice principale, Lee Eun-shim, et ses images éthérées dans les escaliers dangereux de la trop grande maison. Plus proche d’un film de Hitchcock que du film ultra-psychologique et synonyme (1960) de Joseph Losey où Dirk Borgarde prenait le contrôle de son jeune maître, ce classique du cinéma coréen n’hésite pas à sombrer dans le psychodrame, à grands renforts de cris et de mort au rat. Si le film se donne pour caution une conclusion moralisante, la réalité brutale de l’adultère, de l’avortement et du chantage est bien là, foudroyant les canons de la gentille famille unie des années 1960. Un film prenant, à la fois familier et très étrange, et dont l’intensité ne laissera personne de marbre.

La Servante (Hanyo), de Kim Ki-Young, avec Lee Eun-Shim, Ju Jeung-Nyeo, Eon Aeng-Ran, Corée du Sud, 1960, 110 min, Sortie en copie restaurée le 15 août 2012.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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