Cinema
La Proie d’Eric Valette

La Proie d’Eric Valette

07 avril 2011 | PAR Geraldine Lance

Avec puissance, rythme et lyrisme, Éric Valette signe un nouveau thriller d’ action détonnant intitulé La Proie.

Un braqueur s’évade de prison pour traquer son ancien codétenu, un tueur en série qui a entrepris de lui coller ses crimes sur le dos. Une policière de la Brigade des Fugitifs se lance à la poursuite du braqueur, devenu bien malgré lui l’ennemi public numéro 1. Quand chacun des protagonistes aura été au bout de lui-même, qui sera le chasseur, et qui sera la proie ?

Moins de deux ans après Une Affaire d’Etat qui l’avait placé dans le peloton de tête des cinéastes d’action hexagonaux, Eric Valette revient avec un nouveau thriller. C’est son quatrième long métrage. A l’instar de son précédent opus qui évoquait l’Angolagate, c’est une nouvelle fois l’actualité qui sert d’assise pour cette Proie puisqu’il s’insipire de l’affaire Fourniret.

Le héros incarné par Albert Dupontel, Adrien est un « héros noir » comme aime le souligner Eric Valette, un braqueur solide et taciturne, bon gars dans l’âme mais qui poursuit son but avec détermination. Albert Dupontel est exceptionnel. Il dégage une force physique qui peut être parfois effrayante. Il suffit de se rappeler sa performance dans Le Convoyeur , où il faisait penser au De Niro de Taxi Driver pour ses sautes d’humeur, sa folie névrotique et sa masse physique impressionnante. Ici, dans La Proie, il est un peu plus sage mais tout aussi bodybuildé. Il a entièrement réalisé lui-même les cascades, une très belle performance.

Le tueur en série incarné par Stéphane Debac et sa compagne (Natacha Régnier) insufflent également une noirceur qui apporte au film une densité différente de celle d’un simple film d’action mené tambour battant. Insoupçonnables au départ (bien que leur véritable nature soit révélée assez tôt), le couple Maurel est effrayant par leur apparente normalité de trentenaires vieux jeu, renforcée par nombre de scènes quotidiennes où on peut les voir au supermarché, à un barbecue chez des amis… La manière dont ils accostent les futures victimes du tueur, au volant de leur voiture, rappelle bien évidemment le couple Fourniret.

La partie policière du film, menée par une Alice Taglioni surprenante dans le rôle d’une commissaire aguerrie traquant Adrien, est également très réussie, Cette dernière s’offre ainsi un retour en fanfare après une pause de trois ans dans sa carrière, réussissant à donner du relief à son rôle inattendu de femme-flic tenace mais sensible , qui est une des bonnes surprises du film.

La Proie, grâce à sa réalisation très rythmée et la qualité de ses interprètes représente une seconde tentative réussie de la part d’Eric Valette. Ce polar d’action redoutable bourré de séquences musclées qui va vous surprendre et vous emballer!

La Proie avec Albert Dupontel, Alice Taglioni, Sergi Lopez, Stéphane Debac, Mélanie Régnier, Caterine Murino, Zinedine Soualem, Serge Hazanavicius, Jean-Marie Wingling et Lucien Jean-Baptiste. Sortie le 13 avril.

Infos pratiques

Une folle envie un film de Bernard Jeanjean
Beat Generation Days
Geraldine Lance

One thought on “La Proie d’Eric Valette”

Commentaire(s)

    Publier un commentaire

    Votre adresse email ne sera pas publiée.

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *