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La ligne droite: courir pour survivre

La ligne droite: courir pour survivre

03 mars 2011 | PAR Gilles Herail

Autour de Rachida Brakni et Cyril Descours, La ligne droite marque le retour à la réalisation de Régis Warnier. La critique d’une ode au dépassement de soi entachée de trop nombreuses maladresses.

Synopsis: « Leïla, après cinq années de prison, retrouve la liberté. Elle va rencontrer Yannick, un jeune athlète qui vient de perdre la vue dans un accident. La seule discipline que celui-ci peut pratiquer avec son handicap, c’est la course ». Le cinéaste Régis Wargnier n’a pas su relever le défi de l’après Indochine. Ses fresques humanistes, malgré leurs qualités (Man to Man) n’ont plus jamais rencontré le grand public et son incursion dans l’adaptation de polar avait peu convaincu.

Pour son retour à un cinéma à taille humaine, Wargnier rate le coche en manquant cruellement de simplicité. La ligne droite est un film que l’on aurait pourtant aimé défendre. Par l’utilisation intelligente du sujet du handicap. Pour la description de l’univers de l’athlétisme et ses valeurs. Grâce au plaisir de retrouver l’une des plus grandes actrices françaises, Rachida Brakni malheureusement trop rare sur les écrans.

La ligne droite est pourtant une déception. Au lieu de se focaliser sur la relation entre une guide et son athlète aveugle dans l’univers de la course, le scénario s’éparpille dans tous les sens. L’histoire du personnage incarné par Rachida Brakni aurait mérité un film à elle seule car l’équilibre entre les deux volets du script est mal assuré, mélangeant deux histoires trop fortes. Les acteurs principaux doivent se démener avec des dialogues frôlant parfois le ridicule, beaucoup trop écrits, très explicatifs et souvent sentencieux.Wargnier a voulu réaliser un « grand film » au sacrifice de l’authenticité d’un sujet passionnant. Sa mise en scène est directement en cause, soulignant jusqu’à l’excès les éléments mélodramatiques du scénario, se perdant dans des ralentis sans imagination et l’utilisation massive d’une musique lyrique.

La scène finale annoncée dans la bande-annonce est ainsi désamorcée par le manque de tact de la réalisation qui lui ôte sa capacité à émouvoir. Le meilleur du film réside dans ses moments moins pensés où l’approche frôle le style documentaire. Les scènes d’entrainement et les relations entre les athlètes sont décrites avec l’admiration réelle d’un réalisateur passionné d’athlétisme qui arrive à transmettre son respect des valeurs sportives. Wargnier a pêché par ambition en gâchant les bonnes idées de départ par certaines fautes de goût, voulant à tout prix délivrer une morale de dépassement de soi à travers deux êtres perdus qui vont renaitre. On regrette ce symbolisme excessif qui éclipse la relation de confiance entre le guide et l’athlète qui aurait du rester au centre du film. La ligne droite est donc une déception  malgré la sincérité de ses intentions et la force de jeu de Rachida Brakni.

Gilles Hérail

La ligne droite, un drame de Régis Wargnier avec Rachida Brakni, Clémentine Célarié et Cyril Descours, 1h38, sortie le 9 mars 2011

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Gilles Herail

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