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La lettre du Kremlin : un ovni d’espionnage kitschouille signé John Huston en Dvd le 13 septembre 2011

La lettre du Kremlin : un ovni d’espionnage kitschouille signé John Huston en Dvd le 13 septembre 2011

24 juillet 2011 | PAR Yaël Hirsch

Juste après son chef d’œuvre « Promenade avec l’amour et la mort » (1969) et quelques temps avant un autre grand film, « L’homme qui voulut être roi » (1975), l’infatigable John Huston tourne le film d’espionnage « La lettre du Kremlin » (1970). Et entraîne des stars de l’acabit d’Orson Welles, Bibi Andersson, Max von Sydow et Richard Boone dans les méandres d’un complot soviétique ultra-kitsch. Au spectateur d’abandonner tout ed suite l’idée de suivre une intrigue inextricable pour rire de bon cœur des clichés Moscou/Washington enfilés comme des perles sur le collier fragile de ce « Mission impossible » griffé Huston. Sortie dvd le 13 septembre 2011.

Charles Rone (Patrick O’Neal) est appelé subitement par un individu au visage refait, Ward (Richard Boone), à quitter la marine américaine pour devenir ‘Yorgi’ et enquêter sur la disparition d’un document crucial « La lettre du Kremlin ». Il est amené à remplacer un agent américain qui a failli dans sa mission et part en équipe pour Moscou, avec entre autres Ward et une charmante jeune ouvreuse de coffres qui se reconvertit dans le marché noir à la russe (Barbara Parkins). Sur place, il tape dans l’œil de la veuve de l’agent américain disparu et actuelle épouse du Colonel Kosnov (Max von Sydow)…

Vous n’aviez déjà rien compris au fil de l’intrigue du Faucon Maltais qui a révélé John Huston en 1941? « La Lettre du Kremlin » vous semblera encore plus obscure… Mais si l’on accepte que l’action n’est pas le coeur d’un film d’espionnage et si l’on regarde ce film délirant comme un révélateur des clichés les mieux répertoriés de la Guerre Froide, l’on passe vraiment un joli moment absurde à voir Patrick O’Neal se débattre, Bibi Andersson miauler, Max von Sydow jouer les grands hommes faibles par leur femme, tandis qu’Orson Welles et Richard Boone donnent quelques ordres sur un ton énigmatique. Le Moscou de John Huston est une ville barbare, où la population meurt de faim, est systématiquement torturée, et où, en face, les agents américains n’ont d’autre choix – c’est logique! – que d’interroger leurs prisonniers, les autres agents et leurs indics masqués comme des membres du Klux Klux Klan. A moins que certains agents américains soient doubles et que la Deuxième Guerre ou la Guerre de Corée leur ait donné le goût du sang… Ne ratez certainement pas la belle l’occasion de voir un film de série B aussi bien joué!

La Lettre du Kremlin, de John Huston, avec Patrick O’Neal, Richard Boone, Orson Welles, Bibi Andersson, Max von Sydow et Barbara Parkins, USA, 1970, 115 min. Sortie dvd le 13 septembre 2011, 15 euros.

Bonus : « un chef d’oeuvre de l’histoire de l’espionnage » (une analyse du film en 20 min) + Petite histoire du cinéma d’espionnage (15 min) + Bande-annonce.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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