Cinema
La guerre est déclarée, un chef d’oeuvre de Valérie Donzelli

La guerre est déclarée, un chef d’oeuvre de Valérie Donzelli

04 août 2011 | PAR Yaël Hirsch

Filmé en grande partie avec un appareil photo (!) dans des couloirs d’hôpital, le film qui a ouvert la semaine de la critique cette année à cannes et raflé tous les prix à Paris Cinéma (voir notre article) est un film à la fois émouvant, vivant et tendre  qui est probablement le chef d’œuvre de cet été. A voir à partir du 31 août.

Après la réjouissante « Reine des pommes », Valérie Donzelli met une véritable claque au public français avec « La Guerre est déclaré ». Inspiré par son vrai combat pour lutter contre la maladie de son fils, et co-écrit et co-joué avec son compagnon, Jérémie Elkaïm, le film est l’histoire d’un couple qui apprend que son nourrisson de 18 mois a une tumeur au cerveau. Le sujet est terrible. Le film l’emporte vers les cimes de la tendresse, de la dignité et de la comédie. Pensé comme un film d’action pour « une génération d’enfants gâtés pas du tout préparée à la guerre » (V. Donzelli) et tourné en petit comité par les complices de toujours de la réalisatrice (Elkaim, mais aussi l’excellente Béatrice de Staël en pédiatre à la Dolto, Sébastien Buchmann à l’image et André Rigault au son), « La Guerre est déclarée » est baroque, burlesque, musical et fou sur un sujet douloureux. Porté par des dialogues d’une justesse éblouissante, des comédiens exceptionnels, une BO qui mixe Vivaldi, Biolay (voir notre article) et Yuksek, le film décide de se concentrer sur l’union sacrée d’un couple moderne qui part en guerre, aidé par de très bons médecins. Entourés de familles différentes mais aimantes, les amants insouciants (qui se nomment dans le film Roméo et Juliette) deviennent peu à peu des soldats solides. Malgré et peut-être à cause du sujet, on retrouve dans ce second long métrage de Donzelli la légèreté « Nouvelle vague » qui caractérisait la « Reine des pommes » (voir notre article). Et l’on découvre également dans sa manière théâtrale de jouer un réalisme poétique poignant qui met la magie et l’outré au service de la guerre contre la maladie. Mimes merveilleux, Donzelli et Elkaïm sont libres d’en faire trop et de dépasser les convenances pour proposer leur interprétation moderne, juste et vivante, de la tragédie.

La guerre est déclarée, de Valérie Donzelli, avec Valérie Donzelli, Jérémie Elkaïm, César Desseic, Gabriel Elkaïm, Brigitte Sy, Elise Lowensohn, Michèle Moretti, Philippe Ladenbach, Bastien Bouillon, Béatrice de Staël, Anne Le Ny, Frédéric Pierrot et Elisabeth Dion, France, 2011, 1h40. Sortie le 31 août 2011.

 

Infos pratiques

Rétrospective consacrée au cinéaste hongrois Béla Tarr du 3 décembre au 2 Janvier au Centre Georges Pompidou
Jazz in Marciac : Days Five & Six
Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

4 thoughts on “La guerre est déclarée, un chef d’oeuvre de Valérie Donzelli”

Commentaire(s)

    Publier un commentaire

    Votre adresse email ne sera pas publiée.

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *