Cinema

La dernière maison sur la gauche dépasse les clichés

21 avril 2009 | PAR Eric

maisonOn le savait depuis longtemps, à Hollywood les prises de risques sont limitées. Rambo 4, Rocky 6, James Bond 23, le prouvent. Les producteurs assèchent tellement  la source de leurs recettes qu’ils font même des crossovers : deux grandes affiches n’en deviennent alors qu’une (tel Alien Vs Predator). Autre puits sans fond : les remakes, et en particulier, les remakes de vieux films d’horreurs des années 70-80. Massacre à la tronçonneuse, La Colline à des yeux, Halloween… Dernier en date : La Dernière maison sur la gauche réalisé par Dennis Iliadis, remake du film éponyme de Wes Craven. Ça fleure le navet. Mais, ô joie, le remake est réussi !

Le film commence avec les clichés habituels. La famille Collingwood se rend dans sa résidence secondaire pour les vacances. La maison est évidemment isolée, l’habitation la plus proche se trouve à 10 kilomètres. Ambiance… Mari, la fille unique, rejoint une amie, Paige, en ville. Par une suite d’événements malencontreux, les deux jeunes filles se retrouvent aux mains d’un groupe de criminels en fugue. Alors que Paige est sauvagement tuée (parce que oui, on peut être tué délicatement à la vue de certaines scènes…), Mari est laissée pour morte. Ses ravisseurs/tortionnaires/violeurs (Qui est contre le cumul des mandats ? ) se réfugient dans une maison avoisinante qui s’avère être le lieu de résidence estival des Collingwood. Ils sont forts ces Américains tout de même… Il ne faudra que peu de temps pour que les parents de Mari découvrent la véritable identité des visiteurs.

Dans ce film, le violence à visage humain.
Dans ce film, le violence à visage humain.

Dès lors, le récit dépasse les clichés exposés ci-dessus. Les prédateurs deviennent vite les proies de parents prêts à tout pour se défendre et, surtout, se venger : les atrocités commises par le couple américain parfait égalisent, voire dépassent, les crimes des psychopathes.

On est surpris et, surtout, mal à l’aise devant ces scènes de violence. Surpris qu’un grand studio américain ait produit un film contenant de telles scènes de violence (dont une de viol assez crue). Mal à l’aise en raison du réalisme des scènes de sauvagerie pure commises par des personnages à visage humain. Cette déstabilisation est renforcée à plusieurs reprises par une caméra instable et une image floue.

Universal a fait le bon choix en sélectionnant un jeune metteur en scène grec du nom de Dennis Iliadis. En effet, ce dernier a su dépasser les clichés inhérents au genre pour proposer une vision personnelle du film d’horreur.

Eric Provot

La dernière maison sur la gauche, de Dennis Iliadis, avec Tony Goldwyn, Monica Potter, Garret Dillahunt, Aaron Paul, Sara Paxton, Spencer Treat Clark, Riki Lindhom, Michael Bowen, Etats-Unis, 2008, 1h40. Sortie le 22 avril.
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