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La cinémathèque met Pialat à l’honneur

La cinémathèque met Pialat à l’honneur

17 janvier 2013 | PAR Lucie Droga

Dix ans tout juste après sa disparition, la cinémathèque organise une rétrospective Maurice Pialat du 20 février au 4 mars autour de l’oeuvre du réalisateur atypique. De « L’Enfance Nue » à « Van Gogh » en passant par ses courts-métrages, vingt-et-un films seront projetés pour permettre au public de se laisser intimement happer par l’oeuvre de Pialat.

 

De Maurice Pialat, certains n’ont retenu que son son intervention au festival de Cannes en 1987, où, primé pour Sous le soleil de Satan et sous les sifflets d’une salle qui aurait voulu voir la Palme attribuée aux Ailes du Désir de Win Wenders, il lance  » Si vous ne m’aimez pas, je peux vous dire que je ne vous aime pas non plus ». Fort de son caractère bien trempé, Pialat s’est souvent lui même considéré comme cinéaste abandonné et déraciné, un « rejeton » n’appartenant pas à la Nouvelle Vague qu’il côtoyait pourtant: c’est de ce cette solitude et de ce ressentiment que son oeuvre a fait jour.

Une oeuvre tapie dans l’ombre, qui tente de se faire une place « sous le soleil » entre Godard, Truffaut ou Rohmer, mais difficilement car portée par une vision pessimiste de l’humanité qui donne à voir l’abandon ou la séparation, la mort et le désespoir social. Quelque chose fait retour dans ses films, une inexprimable solitude qui lui permet cependant de voler des moments de vérité. Et c’est véritablement là que s’opère tout le travail de Pialat: réussir, grâce à une direction des acteurs soit très proche soit très lâche, à filmer ces instants presque banals pour les porter aux nues, à faire du quotidien une oeuvre d’art.

Rien d’étonnant à ce que la cinémathèque rende hommage au réalisateur français le plus viscéral du XX ème siècle autour de la projection de vingt-et-un film qui retracent toute l’oeuvre de Pialat et présente des courts-métrages inédits comme Istanbul, retrouvés après sa mort. Une conférence avec Sylvie Pialat, femme et productrice de Pialat sera aussi proposée, ainsi qu’une exposition de 33 peintures et 16 dessins qui permettra au public de découvrir la face méconnue du réalisateur du Garçu, qui l’a pourtant poussé, dans les années 40 à se tourner vers le cinéma. Celui qui déclarait le 15 février 1992 dans le journal Libération « J’ai arrêté de parler, parce que je dis trop de conneries » n’avait pas tout à fait tort, mais ses conneries, on les a facilement oubliées. Beaucoup plus que son oeuvre qui révèle le « soleil noir » de l’humanité.

 

Rétrospective Pialat à la Cinémathèque, du 20 février au 04 mars 2013.

Visuel: (c) Cinémathèque

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Lucie Droga

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