Cinema
La chispa de la vida : Salma Hayek contre les mass medias

La chispa de la vida : Salma Hayek contre les mass medias

16 février 2012 | PAR Yaël Hirsch

Après la fresque historique et ricanante qu’était « Balada Triste » (2011), le génial Alex de la Iglesia s’attaque à un sujet ultra-contemporain : le voyeurisme des médias internationaux. Grandiose mais jamais grandiloquent, « L’étincelle de vie » conserve sa tension dramatique du début à la fin grâce à ses comédiens irrésistibles qui emportent toute l’adhésion du public.

Roberto (Jose Mota) est près de deux adolescents et mari comblé de la très amoureuse (Salma Hayek, divine hoping housewive). Seulement, il est au chômage depuis plusieurs années, après avoir connu quelques succès dans la pub : il a notamment invité le slogan « l’étincelle de vie » pour coca-cola. Après un énième entretien d’embauche infructueux auprès d’un ex-ami, Roberto décide de se rendre à Cartagena pour retrouver l’hôtel paraiso, où a passé sa lune de miel avec sa femme. Il veut à nouveau louer la même chambre pour leur anniversaire de mariage qui approche. Mais l’hôtel a été détruit et à la place se trouve l’excavation d’un immense amphithéâtre romain. Le vernissage a justement lieu en présente de la directrice du musée et du maire. Roberto s’engouffre puis cherche vite à s’éclipser, il entre dans la partie non finie des travaux, et se retrouve pendue à une statue. Il tombe au milieu de l’amphithéâtre et sa tête se retrouve embrochée sur une barre de fer. Les journalistes présents pour l’inauguration du musée braquent leurs caméras sur un Roberto en sursis : les médecins disent qu’ils ne peuvent pas enlever la barre de fer sans risquer une hémorragie fatale. Tandis que l’hôpital est transporté dans l’amphithéâtre pour éviter tout temps de saignement dans les transports, Roberto retrouve ses vieux reflexes et demande à être représenté auprès des médias par un ancien collègue. Ce bon père de famille endetté voit dans son accident la possibilité de gagner assez d’argent pour payer les études de ses enfants. Sa femme, elle ne le reconnaît pas dans ces calculs avec sa vie et lui parle de dignité en priant le ciel pour qu’il s’en sorte. Bientôt toute sa famille puis tout le pays, puis enfin le monde entier se retrouvent physiquement ou en pensées autour de l’accidenté. Tous espèrent que ce type décidément sympathique s’en sortira…

Tendu du début à la fin par un suspense triste et terrible « La chispa de la vida » est épicés de pointes d’humour salutaires. La manière dont fonctionnent les médias d’aujourd’hui est montrée avec brio, dans le cadre glorieux et éternel de l’amphithéâtre romain. Mais jamais le réalisateur ne se permet de nous donner de cours. Malgré son contexte inoui, le caractère resserré de l’intrigue convainc et passionne. Enfin, l’on ne peut que saluer l’immense performance de Salma Hayek et de Jose Mota. Encore un excellent Alex de la Iglesia.

La chispa de la vida, de Alex de la Iglesia, avec Jose Mota, Salma Hayek, Blanca Portillo, Espagne, 2012, 98 minutes. Berlinale spécial Gala.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

5 thoughts on “La chispa de la vida : Salma Hayek contre les mass medias”

Commentaire(s)

  • Piddam Geddu

    Bonjour.

    Salma Hayek, épouse Pinault, « contre les mass media » : voilà qui ne manque pas de piquant.

    Juste pour rappel : François-Henri Pinault, son époux, PDG du groupe Pinault-Printemps-Redoute (PPR), est aussi président du conseil d’administration de la holding ARTEMIS, ex-investisseur dans le Monde, et détentrice de la majorité des parts du Point et de revues de moindre diffusion comme Historia et La Recherche.
    http://www.acrimed.org/mot745.html

    Cela n’a un rapport que distant avec l’oeuvre cinématographique du grand Alex de la Iglesia, mais c’est toutefois amusant à relever.

    février 16, 2012 at 11 h 30 min
  • Yaël Hirsch
    yael

    bien vu Piddam, je dois dire que dans la precipitation du festival, je n’avais pas pense a cette ultinme pique du tres sympathique et tres brillant realisteur,
    merci!

    février 16, 2012 at 14 h 37 min

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