Cinema

L’art d’aimer, merveilleuse alchimie pour le dernier Emmanuel Mouret

L’art d’aimer, merveilleuse alchimie pour le dernier Emmanuel Mouret

18 novembre 2011 | PAR Olivia Leboyer

Après Fais-moi plaisir, Emmanuel Mouret est de retour avec une très jolie Carte du tendre, pleine d’esprit et de charme ! Sortie le 23 novembre.

Si Emmanuel Mouret a convoqué Ovide pour le titre, il a également réussi à constituer un casting impressionnant (si l’affiche n’attire pas les regards et les spectateurs, c’est à n’y rien comprendre !). Comme à son habitude, le cinéaste s’emploie à sonder les cœurs et les esprits, qui ne sont pas toujours calés au diapason !
Sur le modèle du film à sketchs, en vogue dans les années 70, ou même avec un soupçon de Max Ophüls (La Ronde), Emmanuel Mouret déplie de courtes saynètes, dont chacune illustre un type de questionnement amoureux : le cœur solitaire, l’envie d’aller voir ailleurs, la difficulté à concilier réflexion et instinct , la disponibilité pour une rencontre, l’obsession amoureuse, la jalousie, tous ces sentiments sont explorés avec une minutie et un humour irrésistibles.
Evidemment, les sketchs se recoupent, dans un bel ensemble : les scènes entre François Cluzet, séducteur un peu dépassé et Frédérique Bel, sa jolie voisine qui hésite à décider si oui ou non elle aurait éventuellement envie d’avoir une aventure avec lui, sont extrêmement plaisantes. La partie la plus réussie revenant à Julie Depardieu, extraordinaire en jeune femme qui n’a pas de relations sexuelles en ce moment, ce dont toutes ses amies s’inquiètent, jusqu’à lui fournir un homme sur un plateau !
La morale du film ? Il n’y en a bien sûr pas.
Le premier personnage, joué par le beau Stanislas Merhar, est un musicien à la recherche de la musique de l’amour : constamment à l’écoute des battements de son propre cœur, il ignore cependant pour qui il pourrait bien battre. Mais peut-être préfère-t-il, tout simplement, l’harmonie de l’art et des paysages aux notes discordantes de la vie ?
A l’inverse, le personnage du libraire, joué par le formidable Laurent Stocker, se croit amoureux fou de Judith Godrèche : mais est-ce vraiment si sûr ? Les personnages de Stanislas Merhar et de Laurent Stocker cherchent tous deux l’amour. Une petite chose les sépare : la capacité à tomber amoureux, malgré tout. L’amour parfait n’existe peut-être pas. On peut s’en désoler, ou bien s’étonner de ce fait : que l’amour existe ou non, il est toujours possible de le trouver !
Chez Emmanuel Mouret, si les personnages parlent un français parfait, ils ne cessent de se cogner, maladroits, sans cesse en décalage. De tous ces désaccords imparfaits, Mouret choisit de sourire avec un vrai émerveillement : l’amour n’a pas de sens, on peut tomber amoureux n’importe quand et d’à peu près n’importe qui, et c’est assez euphorisant !

« C’est si simple, l’amour », disait Arletty dans Les Enfants du Paradis : peut-être que oui ? Un film coup de cœur, à ne pas manquer.

« L’art d’aimer », d’Emmanuel Mouret, France, 85 minutes, avec Pascale Arbillot, Ariane Ascaride, Frédérique Bel, François Cluzet, Julie Depardieu, Judith Godrèche, Louis-Do de Lencquesaing, Philippe Magnan, Stanislas Merhar, Emmanuel Mouret, Elodie Navarre, Laurent Stocker, Gaspard Ulliel, Michaël Cohen, et la voix de Philippe Torreton. Sortie le 23 novembre 2011.

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Olivia Leboyer
Docteure en sciences-politiques, titulaire d’un DEA de littérature à la Sorbonne  et enseignante à sciences-po Paris, Olivia écrit principalement sur le cinéma et sur la gastronomie. Elle est l'auteure de "Élite et libéralisme", paru en 2012 chez CNRS éditions.

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