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Jusqu’au 26 octobre, Pleins Feux sur Emilie Dequenne au Centre Wallonie-Bruxelles !

Jusqu’au 26 octobre, Pleins Feux sur Emilie Dequenne au Centre Wallonie-Bruxelles !

25 octobre 2019 | PAR Chloé Coppalle
Après la 28ème édition du Festival Francophonie Métissée et Quinzaine du cinéma francophone, le Centre Wallonie-Bruxelles propose jusqu’au 26 octobre un cycle Pleins Feux sur l’actrice belge Émilie Dequenne ! La rédaction était présente pour inaugurer cette première journée !
 
Émilie Dequenne est une actrice belge née en 1981, connue pour ses rôles dans La fille du RER, La meute ou encore Au revoir Là-Haut. L’idée de ces pleins feux a été sollicité pour des raisons de calendrier. En effet, le film qui révéla la jeune actrice, Rosetta, fut Palme d’Or du Festival de Cannes en 1999, soit il y a tout juste vingt ans. Aujourd’hui, elle présente son nouveau film Je ne rêve que de vous, de Laurent Heynemann, produit en 2019 et qui sortira en salle en 15 janvier 2020. Cette première journée commence donc en projetant le premier film d’Émilie Dequenne, et son dernier. Vingt ans se sont écoulés, et pour l’actrice trois fois récompensée « meilleure actrice » aux Magrittes, une rétrospective s’impose ! La soirée était présentée par Louis Heliot, responsable cinéma du Centre Wallonie-Bruxelles.
 
Rosetta, un cinéma du quotidien qui ne vieillit pas
 
Rosetta fut réalisé par Jean-Pierre et Luc Dardenne en 1999. Louis Heliot raconte que lors de la première projection à Cannes, le film suscita 13,30 minutes d’applaudissements, alors qu’il n’était même pas attendu par le public ! Dans ses conditions, la Palme d’Or fut une surprise pour Émilie Dequenne et a suscité une sorte d’union collective en Belgique du fait qu’un premier long métrage reçoive une telle distinction. Cette reconnaissance a d’ailleurs permis la création d’aides régionales au cinéma en Belgique.
Le film narre l’histoire de Rosetta, une jeune femme vivant dans une caravane avec sa mère, alcoolique, et dans une grande précarité. La façon de gérer la caméra est présentée dès l’ouverture du film, où les réalisateurs n’ont pas utilisé de travelling mais caméra à l’épaule pour suivre Rosetta qui coure de rage dans la boite où elle travaillait, ajoutant une touche de réalisme. Les plans sont d’ailleurs presque exclusivement rapprochés sur Rosetta. Le film est physiquement tourné autour de la figure de Rosetta. Ce que la jeune femme ne voit pas est aussi un hors champ pour le spectateur. L’univers sonore tient alors un rôle important car lui seul indique ce qui se passe autour du cadre où elle figure, et qui n’est donc pas filmé. Tous les bruits du quotidien sont particulièrement forts. Du caoutchouc des bottes qu’elle enfile au sac en plastique transportant les vêtements qu’elle veut vendre en friperie, le volume de tous ces bruitages est élevé, et omniprésent dans les scènes du film.
Rosetta, c’est aussi une des rares productions où la douleur des menstruations est filmée. Majoritairement occultée des peines physiques visibles au cinéma, le film des frères Dardenne en témoigne, de la prise de médicaments, aux astuces pour la soulager, et des contraintes que cela implique.
Bien que Rosetta ne soit pas tout à fait adapté au blues du dimanche soir à cause de son ambiance un peu grisonnante, il a la force de ne pas prendre parti sur ce qu’il montre. Il n’y pas de bons ou de mauvais personnages dans ce film qui témoigne du quotidien avec ses difficultés, ses galères et ses débrouilles. 
 
Je ne rêve que de vous, le prochain film puissant de Laurent Heynemann !
 
Après Rosetta arrivent sur le devant de la salle Laurent Heynemann, le réalisateur, l’actrice Stéphane Bissot, et Émilie Dequenne, pleine d’énergie, venue présenter son rôle ! Je ne rêve que de vous, est un biopic sur Jeanne Blum, troisième femme de Léon Blum, écrit d’après le livre de la journaliste et historienne Dominique Missika, Je vous promets de revenir. 1940-1945, le dernier combat de Léon Blum. Émilie Dequenne joue la belle-fille de Léon Blum, femme de son fils Robert. Lors de la projection, elle raconte avoir été particulièrement touchée par la présentation du scénario en raison d’un vécu personnel. Son arrière-grand-père était lui-même résistant durant la Seconde Guerre Mondiale, et ses récits ont beaucoup été relayés par son arrière-grand-mère, qu’elle connue. Quand elle arrive à l’écran, elle joue avec réalisme la difficulté à accepter Jeanne, toujours mariée, mère de famille et de trente ans la cadette de l’homme politique. L’actrice belge représente à la perfection les difficultés liées à la morale, rencontrées par la future Madame Blum. Émilie Dequenne joue un personnage secondaire marquant, apportant du calme et de la douceur dans un film porté par Elsa Zylberstein qui joue l’héroïne principale et entraîne le spectateur par la force de caractère de Jeanne, qu’elle retranscrit à merveille à l’écran.
 
En somme, cette première soirée annonce la couleur d’une belle rétrospective qui se poursuit jusqu’à samedi ! En vue de la fête d’Halloween, le cycle se terminera par une soirée spéciale, avec les projections de Freddy, Chapitre 1 : les Griffes de la Nuit, et La colline a des yeux !
 
Visuel : ©ChloéCoppalle
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Chloé Coppalle

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