Cinema

Jusqu’en enfer : une série B jouissive et efficace

30 mai 2009 | PAR Gilles Herail

images81Heureux papa des Spiderman, Sam Raimi retourne à ses premières amours avec ce petit film d’horreur dont le second degré rappelle inévitablement Evil Dead. Entre comédie noire et épouvante, Drag me to Hell vous emmènera…. jusqu’au paradis (du cinéma).

Un mot sur l’histoire : Christinne, une modeste employée de banque bien gentille mais acculée par son patron, refuse violemment une extension de prêt à une gitane venue l’implorer. Erreur à ne bien sûr pas commettre puisque la vieille femme lui lance un sort terrible : un esprit viendra la tourmenter pendant trois jours avant de l’emmener en enfer.

Dès l’extinction des lumières, on comprend les ambitions du réalisateur : un film hommage à une certaine tradition de série B, à mille lieux des dérives sanglantes très premier degré de Saw ou Hostel. Le générique, esthétiquement très réussi, joue avec les codes des films d’épouvante, ses écritures italiques grimaçantes, ses histoires de sort, de rituel et d’exorcisme.

jusquen-enfer-201851L’histoire est rapidement mise en place pour permettre à Sam Raimi d’installer ses ingrédients : le suspens, le frisson, et la malédiction qui s’abat sur la pauvre héroïne. Le film reprend avec un malin plaisir la tradition du genre et assume son atmosphère kitsch et datée, peuplée de gitans et de medium. La réalisation, à l’ancienne, joue sur des petites musiques stressantes, des portes qui grincent, des feuilles qui volent et des coups de vent menaçants qui parviennent à ménager quelques sursauts bienvenus.

Ce charme désuet est renforcé par un second degré et un humour noir décapant qui pimentent l’histoire toute simple. On retrouve du Tarantino dans des dialogues et des scènes très ironiques, et un combat épique entre l’héroïne et la « vieille », perdant son dentier dans le feu de l’action. La malédiction n’est qu’un prétexte pour pourrir la vie de Christine et la mettre dans l’embarras. Le spectateur s’amuse alors égoïstement devant ses malheurs… et ceux de son chat, sacrifié par Sam Raimi avec un plaisir sadique.

Tout fonctionne dans ce film, porté par son actrice principale qui s’amuse à transformer son personnage de bonne poire en une Xena plus guerrière que jamais. Sam Raimi a donc vraiment réussi un petit coup de maître, un chef d’œuvre du genre, qui n’a pour unique but que de divertir ses spectateurs. La série B (Z ?) a décidémment de beaux jours devant elle.

Gilles Hérail

Pour plus d’informations sur le film, nous vous donnons rendez-vous sur Le Blog Hip Hop.

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