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[Jour 3] Arras Film Festival : le grand écart dans la compétition

[Jour 3] Arras Film Festival : le grand écart dans la compétition

12 novembre 2017 | PAR Hugo Saadi

Malgré un 11 novembre férié, le Arras Film Festival ne faisait pas de pause et la compétition continuait son bout de chemin. Avec quatre film au menu dont 3 issus de la compétition, ce samedi a été assez inégal. État des lieux.

La journée a commencé avec Zagros, de Sahim Omar Kalifa qui nous a transporté entre un petit village du Kurdistan et Bruxelles. On y suivait le périple de Zagros, un berger qui voit sa vie chambouler lorsque sa femme, enceinte, est accusée d’adultère et s’enfuie en Belgique. Persuadé de l’innocence de sa femme, il part la rejoindre clandestinement contre l’avis de son père. Tensions familiales et crises de couple, voilà ce que le film réserve pendant presque 2h. L’histoire d’amour mouvementée impose un rythme intense et le spectateur rentre dans l’intimité du couple. Si les deux personnages principaux tiennent le film à bout de bras, il faut surtout souligner l’importance des dialogues qui évite le film de tomber trop dans l’anecdotique. Cependant, le dernier acte du film tombe comme un cheveu sur la soupe et déçoit. Un premier film inégal pour le réalisateur irakien, mais tout de même prometteur.

La deuxième séance de la journée aura été la plus difficile du festival. On ne va pas se mentir, Une part d’ombre est un échec total. Ce film belge de Samuel Tilman ne tient pas du tout la route et enchaine les maladresses et emprunte parfois la route de la gêne. Ni le casting, ni la mise en scène ne vient sauver ce film qui tente de mettre en avant la difficulté d’assumer la présomption d’innocence auprès de sa famille, ses amis et son travail. On retrouve les dérives d’une accusation classique, comme le montrait avec brio le film La Chasse. Ici, on reste juste pour le suspens, mais on aurait dû sortir de la salle beaucoup plus tôt.

La lecture du synopsis avant de découvrir le film peut parfois amener de belles surprises. Le film russe Arrhythmia en fait partie. Avec un postulat de base assez classique : Oleg, médecin urgentiste, qui se réfugie dans l’alcool après des journées harassantes doit faire face Katya, qui travaille dans le même hôpital que lui, et sa volonté de divorcer. Si le début semble assez soporifique, le film s’intensifie et prend une autre dimension une fois que l’on s’attache aux personnages et à leur quotidien. On découvre l’urgence des médecins et les rouages des plus hauts placés qui souhaitent un rendement rapide et efficace, à une condition « que le patient ne meurt pas entre nos mains ». Le réalisateur Boris Khlebnikov propose une diversité dans ses cas de figure et s’attache à développer les personnages secondaires qui viennent superbement graviter autour de ce couple qui bat de l’aile pour offrir de belles scènes intimistes. Un film humain, simple et touchant. Le film recevra le lendemain, le prix du jury de la critique, à l’unanimité.

Enfin, la dernière séance de la journée provenait des avants premières du festival avec Gaspard va au mariage de Antony Cordier. Un condensé d’humour et d’amour qui questionne les problèmes au sein des relations de couple et de famille. Le film peut être considéré comme une sorte d’ovni car son caractère est bien troublant et c’est ce qui en fait sa sympathie. Le film transpose la vie d’une famille pas comme les autres qui habite dans un zoo. Ça ouvre la porte à des situations cocasses et souvent drôles avec un casting (Felix Moati, Christa Theret, Marina Fois, Johan Heldenbergh) qui fait le show. Un bon shot de bonne humeur qui fait plaisir à voir.

visuels © photos officielles des films

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Hugo Saadi

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