Cinema
Critique de John Carter (of Mars): Epopée ambitieuse et généreuse (à moitiée réussie)

Critique de John Carter (of Mars): Epopée ambitieuse et généreuse (à moitiée réussie)

11 mars 2012 | PAR Gilles Herail

On a beaucoup parlé de ce fameux John Carter, pour de bien mauvaises raisons. Le bide annoncé, le gouffre financier attendu, les erreurs marketing de Disney. Cette réputation de naufrage industriel n’a pas réussi à mobiliser les spectateurs qui étaient bien peu nombreux lors de la sortie mondiale du film cette semaine. Loin d’être une daube, John Carter ne sera malheureusement pas non plus sauvé par un bouche à oreille suffisant. Dommage.

Synopsis:  le fascinant voyage de John Carter, qui se retrouve inexplicablement transporté sur Barsoom, au cœur d’une guerre mystérieuse entre les habitants de la planète. Parmi tous les êtres étranges qui peuplent cet univers, il fera la connaissance de Tars Tarkas et de la captivante princesse Dejah Thoris. Dans ce monde sur le point de disparaître, Carter va découvrir que la survie de Barsoom et de son peuple est entre ses mains…

John Carter of Mars souffre de la comparaison inégale avec Avatar, film d’aventure ultime où l’imagination débridée de James Cameron était canalisée par une science de la dramaturgie parfaite. Le film d’Andrew Stanton manque de cohérence dans l’évocation de cet univers imaginaire où l’on sent trop l’accumulation d’influences diverses agrégées sans trouver une tonalité propre. Tantôt western, tantôt péplum à la 300, mais aussi hommage à Star Wars, voire à Green Lantern qui partage avec JCM la même idée d’une source d’énergie infinie aux pouvoirs quasi illimités. Pourtant relativement long (2h30), John Carter of Mars peine à installer tous ses enjeux et à rendre compte de l’incroyable mythologie de la planète Mars dont on aurait aimer mieux connaitre tous les recoins.

Et pourtant John Carter of Mars possède une sympathie indéniable. Grâce à son anti-héros valeureux mais pas dénué d’ironie, qui tranche avec les personnages habituels. Mais surtout par la générosité de l’aventure et la démesure du spectacle qui pense avant tout à émerveiller ses spectateurs. Dans des paysages, des lieux, et des plans larges fabuleux. Si l’argument 3D est comme à l’habitude une vaste blague, le réalisateur Andrew Stanton arrive par instants à proposer de bonnes trouvailles donnant au film un cachet particulier. Ce toutou improbable aussi fidèle que rapide comme l’éclair. Et l’utilisation malicieuse de la différence de gravité entre Mars et la Terre réservant des scènes spectaculaires virtuoses.

John Carter n’est pas l’une de ses grosses machines sans âme qui assurent un magot conséquent sans prendre de risques. C’est un projet un peu fou, sans stars à l’écran, inspiré d’un roman peu connu en dehors des États-Unis et qui était un véritable pari de production. Si le résultat final n’est pas à la hauteur des attentes, faute d’un véritable chef d’orchestre capable d’une meilleure maitrise globale du projet, on espère qu’Andrew Stanton aura la chance de corriger les quelques erreurs du film pour nous proposer un second épisode qui s’annonce prometteur. Le flop du film au box-office rend malheureusement cette hypothèse plus qu’improbable…

John Carter of Mars, un film de science-fiction américain d’Andrew Stanton, avec Taylor Kitsch, Lynn Collins, Willem Dafoe, sortie le 7 mars 2012, 2h26

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Gilles Herail

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