Cinema

Je l’aimais, l’adaptation du roman d’Anna Gavalda par Zabou Breitman

06 mai 2009 | PAR marie

je_l-aimais_affichetteC’est une histoire d’amour entre un beau-père, Pierre, et sa belle fille Chloé. Pierre estime tellement la femme de son fils que lorsque cette dernière se fait brusquement larguer, il décide de l’emmener la chouchouter dans son chalet, qui devient, le temps d’une veillée, le temple de ses confessions. Le roman d’Anna Gavalda ne cesse, même à l’écran, de faire couler des larmes.

Chloé est inconsolable… En ballade, à table, dans le vieux lit du chalet, elle a, en arrière plan de ses yeux trop mouillés, le visage de son Adrien. Les quelques mots qu’elle ressasse inlassablement tente de contrebalancer ce douloureux mirage : « Je me suis faite larguée, larguée, larguée ».

Que pourrait faire un vieil ours comme Pierre, jeune papy mal fagoté d’un gros gilet de laine, père jl2d’un Don-Juan en cavale, pour sa Chloé souffrante ? Mettre des bûches dans l’âtre pour réchauffer les corps congelés, emmener les gamines de Chloé au MacDo, et, le soir, pour compenser les salades en plastique et le burger qu’il n’a pas su manger, suivre en mauvais ménager une recette à la lettre ? Non pour celle dont il aurait aimé retirer le mot « belle » à celui de « fille », Pierre a trouvé mieux : du bon whisky arrosé d’une vieille histoire d’amour, celle de Mathilde avec un autre que lui-même. Cet Autre, ce Pierre vivant et séduisant qui n’avait de l’homme marié que l’alliance, sautillait de continent en continent pour aimer, quelques heures durant, une élégante demoiselle simplement parce qu’elle avait traduit son charabia d’ingénieur à des Chinois moqueurs.

La romanesque confidence imaginée par Anna Gavalda se prêtait tout particulièrement à une mise en scène à l’écran. Pour ce faire, il fallait juste trouver un grand Amoureux qui, en quelques haussements de sourcils et deux relâchements d’épaules, puisse se transformer en gentil papy (Daniel Auteuil, qui d’autre ?), une fille au port de Reine aussi tendre que mystérieuse (Marie-Josée Croze) et une oreille blessée qui reçoive avec intérêts leurs amours adultères (Florence Loiret Caille).

jl_2900Consciencieuse, la réalisatrice n’a pas oublié deux autres éléments fondamentaux du roman : l’humour (même mise en scène, l’histoire de Pierre est entendue par Chloé) et le mélodrame… : Daniel Auteuil, chemise blanche ouverte, assis dans une pagode chinoise, l’oeil perdu dans les reflets du canal, avec, sur son épaule, la tête rêveuse de Mathilde et, dans les oreilles, la musique de Krishna Levy. C’était suffisamment mélo pour que le spectateur s’énerve de verser des torrents de larmes, pas assez pour qu’il garde l’oeil sec…

Avec des dialogues simples et de prosaïques détails, Anna Gavalda a su raconter une histoire trop humaine que Zabou n’a pas déformée. A voir.

Je l’aimais, de Zabou Breitman, avec Daniel Auteuil, Marie-Josée Croze, Florence Loiret Caille, Christiane Millet, Geneviève Mnich, Sortie le 6 mai 2009. Durée 1h52

A lire en Poche (J’ai lu), 155 p, 4,80 euros

Plus d’infos sur ce film

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marie

3 thoughts on “Je l’aimais, l’adaptation du roman d’Anna Gavalda par Zabou Breitman”

Commentaire(s)

  • MARIE CHRISTINE LINANT

    HATE DE VOIR LE FILM

    mai 3, 2009 at 9 h 16 min
  • chantal boucheta

    j’aimerai tant voir ce film.

    mai 3, 2009 at 18 h 56 min

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