Cinema
[Interview] Alexandra Lamy, radieuse jurée à Dinard

[Interview] Alexandra Lamy, radieuse jurée à Dinard

04 octobre 2015 | PAR Yaël Hirsch

Pilier du jury présidé par l’élégant Jean Rochefort au 26e festival du film britannique de Dinard, Alexandra Lamy était radieuse et nous a parlé de ce rôle de jurée, qu’elle a pris très à cœur, de sa vie à Londres et de ses prochains projets de cinéma. Un moment lumineux.

Vous êtes souvent au Festival de Deauville. Entre Deauville et Dinard, le cinéma Anglais et le cinéma Américain, où votre cœur penche-t-il?
Deauville c’est plus gros mais c’est pas pour ça que c’est mieux. Ici, c’est plus petit, plus accessibles et les gens sont très très chaleureux.

Vous vivez en Angleterre…
Oui cela fait deux ans que je vis à Londres maintenant. C’est pour cela que j’étais ravie d’être dans le jury, moi qui ai toujours été mauvaise en anglais, maintenant je peux vraiment dialoguer avec les jurés anglais sans problème. Et pour ma fille aussi ça a été une bonne chose : elle est dans une école anglais et maintenant elle est complètement « fluent ». Je trouve que c’est tellement important, dans tous les métiers et maintenant elle l’a en elle. Ça s’est fait. C’est un truc que j’ai toujours rêve de faire : partir un an ou deux dans un pays. parce que c’est toujours riche. Et Londres c’est facile parce que ça va très très vite. C’est sur que je ne pourrai pas partir vivre à Los Angeles parce que c’est trop loin. Et puis j’adore dans les anglais. Même dans le drame, chez eux, il y a toujours quelque chose de positif, un coin de ciel bleu et parfois ils peuvent se marrer dans des films extrêmement noirs. Ça juge pas, beaucoup moins qu’en France. Après il y a des chose qu’on fait mieux en France mais je trouve cela très intéressant.

Et côté travail, vivre à Londres a ouvert quelques nouvelles portes?
Je ne suis pas du tout partie pour ça. D’abord parce que je travaille beaucoup en France, ensuite parce que jusque-là mon anglais n’était pas assez bon et je ne cours vraiment pas après ça.

Vous avez tourné un de vos derniers films Belgique. En quelle langue?
Oui, le réalisateur, Christoph von Rompey, est extraordinaire. Le tournage s’est fait anglais et en flamand. Sur le plateau nous n’étions que deux à parler français, la maquilleuse et moi. J’ai même appris quelques mots de Flamand. Le film parle du suicide, je suis une tante déjantée et j’ai les cheveux rouges. Mais un peu comme les anglais les belges aussi savent conserver de l’humour, même dans les situations les plus noirs et le film est très fort. On pourrait dire que c’est un film d’auteur, mais je n’aime pas ce nom de film d’auteur parce qu’on pourrait croire qu’il ne s’adresse pas à tous, alors que les thèmes que porte le film peuvent tous nous toucher.

En dehors de l’adaptation du Harlan Coben « Une chance de trop » pour laquelle vous avez gagné le prix de meilleure interprétation à la Rochelle et qui passe sur TF1 à partir du 15 octobre, où va-t-on vous voir prochainement?
Il va y avoir Retour chez ma mère, une comédie avec Josiane Balasko réalisée par Eric Laveyne, mais c’est aussi un sujet grave puisque c’est une femme de 40 ans qui se retrouve sans rien et doit aller vivre avec son enfant sous le toit de sa mère. En même temps c’est très drôle. Et puis je commence un unitaire, encore pour TF1, qui s’appelle Après moi le bonheur réalisé par Nicolas Cuche, avec un super casting : Zabou, Thierry Frémont et c’est l’histoire d’une mère qui sait qu’elle va mourir d’un cancer et se bat pour organiser un foyer d’accueil pour ses enfants et qu’ils puissent aller dans la même famille tous les quatre.

Vous choisissez des rôles de plus en plus graves?
Ce sont  les âges aussi je crois. J’ai passé les 35 ans et l’âge des comédies romantiques. Je suis dans des âges où l’on peut avoir des rôles de femmes un peu plus complexes. Et puis maintenant je peux mieux me permettre de choisir des rôles un plus forts.

Vous préparez un film avec votre sœur?
Oui je veux passer à la réalisation. J’aime bien raconter de l’autre coté parce que j’aime bien raconter des histoire. On dit souvent : oh les acteurs ont envie de réaliser des films mais je pense que ca fait aussi partie du métier. Cela fait 20 ans ou 25 ans que je suis sur un plateau de tournage et je connais un peu ce métier Et on s’implique tellement dans les films qu’au bout d’un moment on a envie de s’impliquer autrement et de passer de l’autre côté. J’ai acheté les droits de Laure Buisson, Blanquette. Et avec ma soeur on a envie de travailler ensemble, ce serait difficile de passer à côté de cela. Il va falloir trouver un auteur pour écrire un scénario. Mais avant cela il faudrait que nous passions du temps ensemble en vacances ou coupées du monde pour lancer quelques idées ce qu’on veut vraiment faire. Et j’aimerais aussi tourner avec ma fille, on a déjà une idée.

Photos : Sylvain Lefevre

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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