Cinema
Guillaume Gallienne et Pippo Delbono sont à la Quizaine des Réalisateurs

Guillaume Gallienne et Pippo Delbono sont à la Quizaine des Réalisateurs

24 avril 2013 | PAR Amelie Blaustein Niddam

65758_gallienneuneQue le théâtre inspire le cinéma, cela est assez rare pour être souligné. Un bel exemple se profile bientôt, à l’occasion de la très pointue Quinzaine des réalisateurs qui se tient en légère marge du Festival de Cannes. L’événement met l’accent sur deux figures de la scène : Guillaume Gallienne et Pippo Delbonno

Guillaume Gallienne, c’est le comédien people mais pas bling bling, aux manettes de l’émission radiophonique à succès « ça ne peut pas faire de mal », il raconte les grandes histoires des autres. Sur la scène du français dont il est sociétaire, il joue les classiques. Mais en 2008, il signe au Théâtre de l’Ouest Parisien un seul en scène qui le fait sortir du giron de la communauté théâtrale publique.

Ce sera « Guillaume et les Garçons à table ! », il y parle de sa relation à sa maman et de son ambiguïté identitaire. La note d’intention du spectacle dit cela : « Le premier souvenir que j’ai de ma mère c’est quand j’avais quatre ou cinq ans. Elle nous appelle, mes deux frères et moi, pour le dîner en disant : « Les garçons et Guillaume, à table ! » et la dernière fois que je lui ai parlé au téléphone, elle raccroche en me disant: « Je t’embrasse ma chérie »; eh bien disons qu’entre ces deux phrases, il y a quelques malentendus. »

De cette comédie de l’intime montée comme un stand up,  le comédien vient de faire un film. Le titre est presque celui de la pièce… Guillaume n’est plus seul puisque le long métrage qu’il réalise s’appelle :  » Les garçons et Guillaume à table ! ».

Il s’agit donc de passer du plateau à l’écran, de la solitude à la multitude  Ce sera aussi pour lui l’occasion de devenir réalisateur.

La Quinzaine a déjà donné la parole en 2001 à une troupe entière. Celle de Pippo Delbono pour Ecce Homo de Mirjam Kubescha. Pippo Delbono se souvient : « J’étais devenu totalement apathique. Ou, comme le disait ma maman, j’étais devenu un vrai clochard. Alors je me suis demandé, quoi faire ? Et j’ai décidé de partir à la recherche des clochards. » Mais qui sont-ils ? Sont-ils comme Angelo, l’intellectuel sans-abri ? Comme Armando, le paraplégique sur ses béquilles ? Ou comme Puma, l’hyperkynétique chantant ? Mais il y a aussi Gianluca et son syndrome de Down, Lucia la jeune mélancolique et Bobo, le vieux microcéphale. « … Ils me semblaient tous plus heureux. Peut-être parce qu’ils avaient tant souffert. Ou, du moins, ils me rendaient, moi, plus heureux. C’est pourquoi je leur ai demandé de l’aide. »

Pippo Delbonno sera pour l’édition 2013 à l’écran dans Henri, réalisé par la comédienne Yolande Moreau. Le film raconte l’histoire d’un  triste immigré italien, propriétaire d’un restaurant qui  périclite. La vie lui échappe quand, au décès de sa femme, il fait la connaissance de Rosette. Entre l’handicapée mentale et l’homme au fond du gouffre  une tendre amitié fait rejaillir l’espoir.

Oui, on avait l’habitude de voir des comédies, tels Un air de famille, Le père noël est une ordure ou récemment Le Prénom passer de la scène à la pellicule, mais là, nous nous situons dans une autre sphère. Le théâtre inspire maintenant le cinéma d’auteur et semble avoir sa place dans la cour des grands que compose la Quinzaine des réalisateurs, lieu où les réalisateurs jugent leurs successeurs.

Jusqu’à présent, nous étions habitués à voir des comédiens devenir réalisateurs, pour n’en citer qu’un, donnons le nom de Vincent Macaigne. Adoré comme metteur en scène de spectacles vivants, on l’a découvert à l’écran, en tant que comédien pour Un monde sans femme et réalisateur pour Ce qu’il restera de nousmais pour le moment, il n’a jamais été question de transférer ses pièces en films.

Si la tendance se prolonge, elle ne pourra être que bénéfique pour le dialogue des arts.

Visuel : © Pacôme Poirier Wikispectacles

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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