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La Forêt Électrique, le cinéma éphémère DIY des Toulousains

La Forêt Électrique, le cinéma éphémère DIY des Toulousains

27 mai 2018 | PAR Aurore Garot

Toute la Culture est parti à la découverte du premier cinéma éphémère de France installé dans les halles de la Cartoucherie de Toulouse jusqu’au 15 juillet. Programmation atypique et éclectique, décor et ambiance chaleureuse et conviviale…N’attendez plus, foncez.

Une bière brassée artisanale devant un écran de cinéma qui projette des long-métrages, des courts-métrages, des vidéos web, des documentaires musicales et tout autre type de contenus audiovisuels ou un hot dog sur des canapés en discutant cinéphilie avec des créateurs, ça vous tente ? Nous oui. Il n’en a pas fallu plus pour nous motiver à prendre un billet d’avion direction Toulouse pour découvrir La Forêt Électrique, cinéma éphémère pensé par trois jeunes cinéphiles passionnés jusqu’à la moelle, et construit avec l’aide de plus d’une centaine de toulousains bénévoles rêvant d’un cinéma créé par et pour eux, atypique et convivial qui montre « le bouillonnement créatif de notre époque » comme l’explique Agnès Salson, co-fondatrice du projet.

Après un tour de France et d’Europe des cinémas, la jeune femme de 25 ans ainsi que Johan Borg et Mikaël Arnal, ont décidé de créer la salle de cinéma du futur, repensée selon les désirs des spectateurs, selon une philosophie de partage, de rencontres, de découvertes et d’innovation. Un cinéma à la fois local et international, car regroupant au même endroit, des idées et créations du monde entier. « Nous avons visité plus de 200 cinémas dans une vingtaine de pays et nous avons découvert des cinémas qui investissaient de nouveaux lieux, de nouveaux espaces et proposer des programmations hybrides, explique la co-fondatrice. C’était à notre tour de développer un lieu où nous-même nous aimerions aller, à la fois atypique et agréable ».

Après des semaines de travaux, la salle a ouvert ses portes. Et le résultat est fantastique. Niveau décoration, vous vous sentez comme à la maison. Au dessus des canapés recyclés, des affiches de films cultes,comme Orange Mécanique ou encore 2001 : L’Odyssée de l’espace pour la pointe de nostalgie; à côté, des tables basses construites à partir de palettes en bois, nettoyés, poncés, décoré par une petite plante ; sur les murs, des étagères avec crayons de couleur pour les enfants, et des dessins sérigraphiés dessinés de A à Z par l’équipe; à droite, un bar servant des bières artisanales et autres boissons à des prix plus qu’abordables accompagné d’un food-bike servant des hot-dogs; à côté, une petite boutique proposant des goodies, des magazines, des affiches…Et la cerise sur le gâteau, dans un espace séparé par un rideau, une vraie salle de cinéma, homologuée comme telle, avec de vrais fauteuils rouges fixés au sol.

Alors que certains discutent autour d’un verre au bar ou sur un canapé, d’autres mangent leur hot-dog dans la salle de projection, devant un film culte comme Good Morning England de Richard Curtis, un film inédit comme le documentaire sur la photographie, Everybody Street de Cheryl Dunn, des vidéos Youtube hilarantes de Tutotal, des court-métrages animé, ou tout autre contenu audiovisuel hybride. Peur du bruit du bar ? N’ayez crainte. A l’entrée de la salle, l’équipe vous distribue des casques non-filaires par émetteur radio qui diffuse le son de la projection en cours, avec possibilité de régler le son. Vous trouvez ça dingue ? Ce n’est pas fini.

Car La Forêt Électrique, ne sert pas seulement à boire, manger et regarder des films. Il est aussi lieu de découverte des processus de fabrication de créateurs en tout genre, comme ceux du studio Umeshu Loveers, qui développent un jeu vidéo nommé « Forest of Liars », lieu de débat sur la véracité scientifique du film de Chuck Russell sur un « blop » dévorant des êtres humains, avec un chercheuse du CNRS après la projection et lieu de concert.

Agnès Salson, Johan Borg et Mikaël Arnal ont remporté le défi fou de construire de A à Z un cinéma innovant mais aussi expérimental, qui cherche chaque jour à se réinventer pour offrir aux spectateurs une expérience unique. Aux Halles de la Cartoucherie déserté depuis 20 ans, nous avons découvert un projet inédit qui s’est construit avec passion et qui est aujourd’hui, un petit morceau de paradis destiné à tous. 

Visuels : ©Aurore Garot

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Aurore Garot

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