Cinema
Flamboyant 7e art au Festival du film restauré

Flamboyant 7e art au Festival du film restauré

01 décembre 2012 | PAR Elodie Rustant

Dans le cadre du festival Toute la Mémoire du monde, dont on doit le nom au film d’Alain Resnais, se sont les couleurs et la lumière du 7e art que la Cinémathèque célèbre aujourd’hui avec deux films tout aussi différents que flamboyants : Le Fleuve de Jean Renoir et All  that Jazz de Bob Fosse.

Le Fleuve, Jean Renoir (1951)

Au sein d’une riche propriété occidentale perchée sur l’une des rives d’un fleuve indien, la vie des trois jeunes filles de la maisonnée sera à jamais changée lorsqu’elle feront l’expérience de l’amour avec un séduisant visiteur américain de passage.

Le Fleuve est le premier film en couleur de Renoir et trop souvent oublié. Tourné sur les bords du Gange il se découvre et s’apprécie comme une expérience sensorielle, presque mystique. La beauté et la profusion de couleurs lui confèrent un charme bien particulier qui marqua profondément Martin Scorsese, parrain du festival.

« Le Fleuve, un des plus beaux films qui soit ! Mon père m’a emmené le voir quand j’avais 8-9 ans. C’est un film qui s’est imprégné en moi et ne m’a jamais quitté depuis. » déclara le cinéaste.

L’Inde que dépeint Renoir est une Inde avant tout spirituelle dans laquelle les agissements des hommes sont guidés par leurs croyances. Renoir s’arrête longuement sur leurs gestes emprunts d’une fascinante poésie. Les mains des femmes traçant des dessins sur le sol à l’aide de farine de riz, celles des hommes allumant des centaines de bougies pour célébrer Diwali la fête des Lumières.

 

 

Tourné en Technicolor, le film constitue un tournant essentiel dans l’œuvre de Renoir qui fut épaulé par son neveu Claude, directeur de la photographie, et du tout jeune Satyajit Ray (Le salon de musique, 1958) encore illustre inconnu et engagé comme « illustrateur »…

Le résultat : une œuvre flamboyante dont on redécouvre avec émotion toute la force, et laissant présager du talent de coloriste de Renoir.

Le télex qu’il reçu du laboratoire Technicolor est sans appel : « Responsables Technicolor considèrent photographie The River comme la meilleure jamais vue sur écran »

Dans All that Jazz de Bob Fosse (1979), c’est toute l’énergie du 7e art qui est célébrée par d’astucieuses mises en abyme théâtre/cinéma. Le film remporta la Palme d’Or en 1980.

Victime d’une crise cardiaque, le chorégraphe et danseur Bob Fosse pressent toute l’importance de mettre en scène cette expérience traumatisante. Il va créer un show époustouflant dans lequel les vrais acteurs de sa vie jouent leurs propres rôles. Plus qu’un simple spectacle de divertissement c’est une sorte d’autobiographie filmique et une célébration de son art.

Le numéro final « Bye Bye love » explose de vie et d’énergie alors qu’il symbolise la mort du cinéaste. Les danseuses morbides aux artères et veines apparentes, le kitch outrancier et assumé, Roy Scheider en jean laqué et moulant, that’s entertainment ! Du grand cinéma.

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Elodie Rustant

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