Cinema

FFFA : Un dernier week end cinématographique émouvant

FFFA : Un dernier week end cinématographique émouvant

18 novembre 2019 | PAR Donia Ismail

Le Festival du film franco-arabe de Noisy-Le-Sec est bientôt fini. Cependant, il reste quelques pépites à découvrir. Ce dimanche 17 novembre, trois longs-métrages étaient à l’affiche.

Le Festival du film franco-arabe attaque, ce dimanche 17 novembre, sa neuvième journée. L’après-midi, étaient présentés trois longs-métrages. On y parle de pulsions révolutionnaires, de rires infinis, de douleur historique. Mais surtout de mémoire. Celle d’un État en pleins questionnements. Celle d’un vieillard qui philosophe sur sa vie passée. Celle d’une jeune femme qui écrit son future.

 

Amal, de Mohammed Siam

« Les policiers sont une bande de voyous. » Amal a 14 ans. Elle manifeste contre le pouvoir en place. Elle est rebelle, n’a peur de rien. Pas même des forces de l’ordre qu’elle insulte. Devant eux. Dans la rue, elle est la seule fille, autour de grands bonhommes. Dans une Égypte postrévolutionnaire, Mohammed Siam suit pendant 6 ans cette adolescente rebelle. Elle prend des coups, se fait électrocuter par la police, ose renier sa mère si elle vote pour le mauvais candidat. Sa fureur révolutionnaire ne s’éteint pas. Dans ce récit de vie intense, on la voit grandir au cour d’une Égypte en proie à d’importants changements. On la perd parfois. Les années passent et elle s’accommode. Quitte à mettre de côté ses aspirations révolutionnaires. Ce film puissant est une véritable leçon de vie et dresse le portrait d’une jeunesse égyptienne contraint d’abandonner ses aspirations démocratiques.

 

Le char et l’olivier, de Roland Nurier

« C’est un peu comme les chaises musicales. La musique s’est arrêtée. Une chaise a été retiré. Europe s’est assise, et nous nous sommes restés debout. » C’est avec ces mots d’Elias Sanbar, écrivain et diplomate palestinien que s’ouvre ce documentaire sur le conflit israélo-palestinien. Mais qu’est-ce que le sionisme? Et la déclaration Balfour? Quel futur pour le peuple Palestinien? Comment les médias occidentaux le traitent? Roland Nurier remonte le fil et livre ainsi une explication claire, précise et non tronquée, de la situation israélo-palestinienne. Tour à tour, diplomates, spécialistes, militants associatifs et citoyens, prennent la parole afin de livrer aux spectateurs l’ensemble des billes pour comprendre cet épineux défi. À l’aide d’un trait efficace. On y voit la guerre, le désespoir face à une colonisation féroce, la rage et surtout l’espoir d’un avenir meilleur.

 

Good morning, de Bahij Hojeij

Deux expressos, des mots croisés, une grande baie vitrée et quelques blagues. Un docteur et un militaire, tous deux à la retraite, passent leur matinée dans ce café. Ils décortiquent l’actualité de leur pays, le Liban. La démolition de trésors architecturaux, le pauvreté grandissante, le déracinement…Tout en faisant travailler leur mémoire : à l’aide de chansons ou de petites histoires qu’ils se racontent. Dans son troisième long-métrage, Bahij Hojeij s’attaque au dur terrain de la Mémoire. Celle de ses deux protagonistes, deux vieillards qui s’accrochent à la vie par le biais du rire. Mais celle aussi du Liban, à construire. Et puis quelques mots qui résonnent comme un mantra : « La prudence n’arrête pas la fatalité. »

 

Visuel : Affiche

Concours Long-Thibaud-Crespin (piano) Palmarès
Musique con brio
Donia Ismail

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