Cinema

Festival Seytou Africa : pleins phares sur Rafiki Fariala

Festival Seytou Africa : pleins phares sur Rafiki Fariala

09 juin 2019 | PAR Julia Wahl

Pour ce troisième jour du festival, les organisateurs de Seytou Africa, festival du film documentaire africain, ont décidé de réunir sous le titre commun de Trafic quatre courts-métrages sur le rôle des véhicules motorisés dans la vie urbaine africaine. 

La ville et les moteurs

Les quatre films projetés samedi ont en commun le rôle des engins à roue et moteur : la voiture dans Trafic de Sandy Kouame et Taxi sister, de Theresa Traore Dahlberg ; la moto dans Ouagadougou,  Ouaga deux roues, d’Idrissa Ouedraogo et Mbi na Mo (Toi et moi), de Rafiki Fariala.  

Si Taxi Sister, dans son mélange d’humour et de précision sur la situation des femmes chauffeures de taxi, nous a intéressée,  c’est ce dernier film, Moi na Mo qui a retenu notre attention.  

La vie quotidienne à Bangui

Premier court-métrage du jeune Rafiki Fariala,  il suit la vie quotidienne d’un jeune couple de Bangui qui attend un bébé.  Mais, comme chacun sait, le quotidien à ces moments-là n’est pas aisé : les premières images du film nous accueille avec les propos d’Emilie, qui accuse son compagnon de la tromper. C’est une femme au tempérament bien trempé, qui ne s’en laisse pas conter.  Pour autant, son ami la trompe-t-il vraiment ? C’est ce que nous ne saurons pas, le documentaire se concentrant sur les rapports entre les deux membres du couple.  

De fait, la question de l’adultère  nous intéresse peu : ce que nous suivons, ce sont les échanges, tour à tour colère et câlin, de ces deux jeunes gens. Cette tension donne au film une légèreté comique qui permet au sérieux des questions qu’il pose – comment survivre à Bangui quand on est pauvre et qu’un enfant va bientôt pointer son nez ? – de ne pas alourdir le propos. Ainsi en est-il du saut de joie du papa quand il apprend, contre le désir de sa femme qui voulait une fille,  que c’est un garçon qui va naître. La bouderie de sa compagne ne se fait pas attendre, et emporte avec elle le rire des spectateurs. 

Le but de Rafiki Fariala était de nous donner une autre vision de la Centrafrique que celle de la guerre, un aperçu de la vie de tous les jours ; il y a parfaitement réussi. 

Visuel : affiche du festival

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Julia Wahl

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