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Festival Premiers Plans d’Angers – Compétition- The Rules for everything- Un film trop sage et trop réglementé pour changer les règles du jeu cinématographique

Festival Premiers Plans d’Angers – Compétition- The Rules for everything- Un film trop sage et trop réglementé pour changer les règles du jeu cinématographique

18 janvier 2018 | PAR Pierre Descamps

Avec The rules for everything, le réalisateur norvégien Kim Hiorthoy questionne les règles de notre société et de l’univers qui empêche celui-ci d’être un chaos total. Un film qui reste englué dans son idée de départ pourtant intéressante et dans sa matière plastique scolaire. Un manque de folie qui empêche le film d’émerger et de surprendre véritablement le public.

«Le monde est plein de choses. Les gens. Les animaux. La nourriture. La nature. Les bananes. Avec tant de choses, le monde devrait être un chaos total. La raison pour laquelle le monde n’est pas un chaos total, c’est parce qu’il y a des règles».

Rien à dire, le synopsis est très accrocheur. Malheureusement, le film applique le même concept que son idée de base, il est très réglementé dans les images qu’il projette et son propos philosophique puissant de première abord tourne rapidement à vide.

La référence du Septième sceau trop écrasante au sein du film

Le film décide de prendre pour cadre le récit du «Septième sceau» d’Ingrid Bergman avec comme idée principale si la vie a des règles, c’est pour éviter la mort en sagesse.
Le film est trop référencé Bergman, le «Septième sceau» est évoqué au début, au milieu et à la fin du film et les extraits les plus importants du «Septième sceau» sont projetés.
Le film offre une relecture modernisé de l’œuvre mais il suffira au cinéphile de revoir l’original pour vraiment l’apprécier.

Un éparpillement de bonnes idées mal exploitées dans un cadre réglementaire

Au delà de cette obsession de la mort qui revient fréquemment dans le film, il y’a pourtant de bonnes idées au début du film. Le film se questionne sur notre rapport réglementé face à la sexualité avec un mari qui souhaite vivre et faire l’amour avec sa femme et sa secrétaire de bureau dans la maison en dehors des conventions sociales proscris par la société. Mais l’idée sera rapidement éjectée en quelques minutes.

Quelques dialogues appuient un peu où ca fait mal mais le cadre est tellement réglementé qu’il n’incite pas la folie mais plutôt l’éparpillement d’idées. Il est beaucoup trop sage pour être satirique ou provocateur. On retiendra la proposition de critique le management du bonheur et de notre voyeurisme par Youtube mais finalement là encore c’est très classique et la forme manque un peu d’originalité pour convaincre.

Il reste quand même une mise en abîme intéressante du réalisateur quand il filme une réalisatrice qui s’énerve sur un comédien pour obtenir le résultat escompté, cette scène est surprenante et sympathique. Mais on reste sur notre faim sur un film qui ne manque pas d’idées mais qui s’éparpille beaucoup pour finalement passer un peu côté de son (vaste) sujet et qui n’arrive pas à nous accrocher sur la totalité du film. Une petite déception.

Réalisateur: Kim Hiorthoy
Avec : Ingrid Olava, Peter Width Kristiansen, Kaveh Tehrani
Durée: 1 H27
Distribution: Norwegian Film Institute, NFI

Crédit images
©Affiche du film

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