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Festival Lumière: rencontre avec Denis Revirand, chargé de promotion

Festival Lumière: rencontre avec Denis Revirand, chargé de promotion

10 octobre 2017 | PAR Sarah Reiffers

Du 14 au 22 octobre prochain se tiendra à Lyon le Festival Lumière, rendez-vous incontournable des cinéphiles et professionnels du cinéma. Cette année, le Prix Lumière est attribué au cinéaste Wong Kar-Wai (In The Mood For Love), qui succède à Catherine Deneuve et hisse avec lui le cinéma chinois sur le devant de la scène. Toute La Culture a rencontré Denis Revirand, chargé de promotion et de la presse à l’Institut Lumière depuis 2014. Il nous dit tout sur cette 9ème édition.

Quelle est la spécificité de l’édition 2017 du Festival Lumière?

Niveau programmation, cette édition rend hommage à une cinématographie que nous avions peu visitée jusque là, c’est à dire la cinématographie chinoise. Nous avons attribué le Prix Lumière à Wong Kar-Wai, et nous rendrons hommage à des personnalités liées au cinéma chinois, ce que nous n’avions encore jamais fait. Nous avons aussi essayé de développer l’aspect jeune public, qui jusqu’ici se résumait à une séance géante par an à la Halle Tony Garnier. Cette année, nous avons élaboré un programme spécifique pour les familles et les enfants tout au long du festival avec une projection du Roi Lion le premier dimanche et un programme «Disney et la France» le mercredi et le deuxième week-end. Nous proposons également un programme de ciné-concerts pour les plus jeunes, pour qu’ils puissent appréhender le cinéma muet accompagné en musique. A tout cela s’ajoutent une avant-première d’un film qui sortira en février, le troisième volet de Belle et Sébastien, et un focus sur l’animation française, avec Jacques-Remy Girerd, le réalisateur de La prophétie des grenouilles, qui viendra présenter huit séances. Cette année nous proposons donc plus de choses aux familles, pour développer le festival par le biais du jeune public.

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur les évolutions du festival depuis sa création?

Le festival a bien évolué en termes de lieux, de séances, et de durée. A l’époque on était sur cinq jours, puis nous avons rajouté le lundi soir et, depuis l’année dernière, le festival s’étend sur deux week-ends. C’est d’ailleurs ce qui nous a donné envie d’imaginer une programmation plus ouverte pour le jeune public. Le festival est passé de cinq à neuf jours, et présente cette année plus de 170 films répartis sur 400 séances: il a donc pas mal évolué, même si le concept est resté le même. L’idée de base était de montrer des films de patrimoine sur un mode contemporain, en faisant venir des artistes, des acteurs, et des réalisateurs d’aujourd’hui pour qu’ils s’approprient une programmation de type patrimoine. Nous avions imaginé ce mélange là dès le début du festival, et continuons sur cette ligne artistique. Cette année Tilda Swinton et Guillermo Del Toro entre autres viendront donner des masterclass. Depuis cinq ans nous avons également ajouté une dimension business en développant le Marché du Film Classique, qui est devenu un rendez-vous incontournable pour les professionnels du cinéma de patrimoine, que ce soit des ayants-droits, des cinémathèques, des éditeurs dvd, et même des distributeurs de films. Pendant quatre jours, ils viennent au festival pour faire du business: nous leur proposons des rendez-vous, des meetings, et des présentations.

Vous parliez de l’ampleur du festival: comment s’inscrit-il dans la ville? Il y a t-il par exemple des expositions reliées?

Nous ne sommes pas ancrés dans un lieu spécifique. Le village du festival, un lieu de billetterie mais aussi de vie avec un restaurant, un bar à bière, et des boutiques, s’installera dans le jardin de l’Institut Lumière. Nous habiterons également des salles de la métropole, qu’elles soient salles de spectacle ou de cinéma. Les masterclass auront lieu à la Comédie Odéon, en plein centre ville. Quant aux expositions, il y en a quelques unes dans le Grand Lyon qui sont liées à notre programmation, comme l’exposition Wong Kar-Wai et l’exposition Clouzot. D’un point de vue géographique, nous sommes donc un peu partout.

Le festival s’adresse aussi bien aux enfants qu’aux professionnels. Que viennent-ils y chercher?

Nous nous adressons tout d’abord au grand public, aux Lyonnais. Nos «grandes séances», comme l’ouverture et la clôture, sont organisées dans des lieux de spectacle où nous pouvons accueillir cinq-mille personnes, et le Prix Lumière est remis dans une des grandes salles de Lyon, avec une jauge de trois-mille personnes. Le festival est donc vraiment orienté vers le grand public. Quant aux professionnels, le Festival Lumière est un lieu important pour la presse cinéma nationale et internationale car ils peuvent y rencontrer facilement un certain nombre d’artistes. En plus de cela le festival est, comme je vous le disais, un lieu de rencontres et d’échanges, une plateforme entre, en gros, les «gens qui ont des droits» et ceux qui sont chargés de diffusion, qu’ils soient exploitants, salles de cinéma, éditeurs dvd, etc.. C’est au Marché des Films Classiques que se font la plupart des deals. Les professionnels en sont véritablement friands: c’est le seul rendez-vous au monde uniquement tourné vers les professionnels du cinéma classique, ce qui attire beaucoup de pros.

Visuel: affiche officielle

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Sarah Reiffers

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