Cinema

Le Festival du film franco-arabe de Noisy-le-Sec : immersion dans le cinéma arabe

Le Festival du film franco-arabe de Noisy-le-Sec : immersion dans le cinéma arabe

01 novembre 2018 | PAR Donia Ismail

Comme chaque année, courant novembre revient le FFFA à Noisy-le-Sec. Le festival investit le magnifique cinéma le Trianon en banlieues parisiennes, du 9 au 20 novembre. Comme l’année précédente, TouteLaCulture y sera.  Au programme : projections, émerveillements et rencontres avec les réalisateurs !

Le monde arabe débarque à Noisy-le-Sec. Oui, oui vous avez bien lu! Le Festival du film franco-arabe redémarre dans quelques jours pour une septième édition. L’occasion d’en apprendre un peu plus sur cette région du monde, loin des stéréotypes  ahurissants véhiculés par les médias.

Cette année, la marraine n’est personne d’autre que l’écrivaine et réalisatrice du film Demi-soeurs (qui sera lui-même projeté lors du festival) Saphia Azzeddine. Elle sera accompagnée, comme à chaque fois, par le cinéaste Costa-Gavras.

Le FFFA crée un espace où, à travers la culture et plus précisément le cinéma — langue universelle qui sait charmer, éduquer et révolter —, le monde arabe s’émancipe de tout préjugé, lourdement imputé par des organisations médiatiques jouant sur les peurs des citoyens. En mettant en avant des cinéastes femmes, de minorités différentes, d’un bord à l’autre de l’Orient, le FFFA illustre la pluralité du 7ème Art arabe, aussi divers qu’il n’y a de pays et de dialectes. C’est aussi un moyen de réconcilier les deux bords de la Méditerranée: « Réunir la France et le monde arabe qui m’est si cher, c’est en quelque sorte, reconnaître un lien spécifique, riche et finalement ancien de la France et de l’arabité » a déclaré Saphia Azzeddine. 

Mais c’est avant tout, une promesse au voyage. On quitte Paris, direction l’Égypte. En longeant le Nil, on s’égare au Maghreb, avant de faire un petit tour en Irak près des plaines syriennes. On ne cesse de sauter d’un pays à l’autre tout au long du festival. On y découvre des paysages, mais aussi des histoires et des cinéastes prometteurs.

Des films à foison

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S’il y a un festival qui impressionne par sa programmation, c’est bien celui-ci! Tout d’abord par la quantité de films, documentaires, court et long-métrages présentés, 44 au total en 12 jours, certains accompagnés de rencontres avec les réalisateurs. Des moments inoubliables qui prolongent la discussion lancée par les oeuvres projetées. Mais c’est aussi la qualité de la programmation qui rayonne et fait du FFFA une référence dans le milieu des festivals de films arabes.
Au programme des mastodontes de la rentrée, avec le nouveau long-métrage coup de poing de la libanaise Nadine Labaki, Capharnaüm, qui a séduit le Festival de Cannes ou encore Bagdad Station de l’Irakien Mohamed Al-Daradji, histoire folle où une jeune kamikaze rencontre un commerçant charmant qui la dissuade de détruire sa vie. Également à l’affiche, des documentaires pertinents et surtout nécessaires : On nous appelait beurettes de Bouchera Azzouz, qui raconte la vie de ces femmes arabes que l’on nommait trop injustement de ce surnom indécent, mais aussi Rester vivants de Pauline Beugnies, réel analyse précise de la situation de l’Égypte après les années d’incertitudes post-révolutions. Et puis, on y retrouve comme chaque année un hommage à l’homme qui a fait la renommé du cinéma arabe en Occident : le grand et l’unique Youssef Chahine. Et quel plaisir de voir sur la programmation, le bijou qu’est Le Destin, fantastique portrait musical, au temps de l’Andalousie arabe, du philosophe musulman Averroès. Alors que l’extrémisme gagne du terrain, il est nommé juge. Une oeuvre d’Art signé de la man du maître incontesté dans le genre, un des derniers grands films égyptiens musicaux de l’âge d’or du Caire.

Retrouvez la programmation complète, les projections et rencontres avec les réalisateurs sur le site internet du festival.

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Donia Ismail

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