Cinema
Festival du Film Francophone d’Angoulême 2017, Jour 1 : Suprême de surprises et sa farandole

Festival du Film Francophone d’Angoulême 2017, Jour 1 : Suprême de surprises et sa farandole

23 août 2017 | PAR Sylvain Lefèvre

10 ans. Déjà ! Emmené par Dominique Besnehard et son éternelle complice Marie-France Brière, voilà 10 ans qu’Angoulême accueille le FFA. 10 ans, l’âge de raison ? Qu’on nous en garde, ce serait mal connaître ses protagonistes mais aussi les très nombreux comédiens qui ont foulé le macadam surchauffé de la préfecture de Charente.

A l’image de Dominique Besnehard, son mentor le plus illustre et désormais bien connu du grand public – la série « 10 % » n’y étant pas étrangère -, le FFA est de ces quelques festivals monothéiste qui n’ont d’yeux que pour cette unique divinité qu’est le public. Devant l’hôtel Mercure, bastion médiatique où sont conviés nombre d’invités, dans les rues, les restaurants ou devant les salles, le public est partout, nombreux et très proche. Le barriérage symbolique n’est ici que pour fluidifier les innombrables allées-et-venues des véhicules chargés de convoyer les invités. Et bien malappris celui qui ne jouerait pas le jeu. Autographes, selfies, petit mot gentil ou simple poignée de main sont de rigueur, ici que l’on soit réalisateur auréolé par la profession ou jeune premier, la rencontre est un incontournable credo, avec, de part et d’autre, son lot de joies mais aussi parfois de déceptions. Le FFA a remis le cinéma d’où l’ont ôté nombre de grand-messes, entre les mains de son public. S’il existait un ordre cinéphilique, M. Besnehard y décrocherait la plus haute distinction rien que pour cela.

Dernières tendances vestimentaires
Ce premier de 6 jours de fête du cinéma – il n’en faut pas moins lorsque 10 années sont à saluer – a tenu bien plus que les promesses attendues. Cette journée inaugurale consacrée, entres autres, à la découverte du jury en chair et en os apporta son lot de surprises. Une fois n’est pas coutume, difficile de ne pas s’arrêter quelques instants à la tenue de deux stars du jour. A ma droite Dominique Besnehard, casaque bariolée modèle édition Fespaco 2013 à rendre fou un papillon, et à ma gauche John Malkovich, pantalon gris modèle « pêche aux moules – île des impressionnistes » collection 1860 assorti d’une paire de tong à faire pâlir d’envie un touriste teuton, le tout rehaussé d’une lavallière. A coup sûr, cette journée s’annonçait grandiose.

En point d’orgue, les déambulations parmi les invités, membres du jury et journalistes nombreux dans les jardins de l’hôtel Mercure, de Dominique Ouattarra, épouse du président de Côte d’Ivoire à qui le festival rend hommage cette année, n’était en réalité qu’un préambule. Alors que les médias tentaient tant bien que mal d’arracher John Malkovich à la starlette qui semblait avoir décidé d’en faire le tremplin de sa carrière, que Niels Arestrup était parti se planquer sur la terrasse et qu’Albert Dupontel acceptait de jouer le jeu des selfies, on croisait au détour de quelques fauteuils d’extérieur Xavier Giannoli, Aurélie Filippetti ou Anne Hidalgo devisant avec le gratin de la production cinématographique française. Au bout de 10 ans, le FFA montrait enfin son vrai visage, il est devenu le rendez-vous incontournable de la rentrée ciné.

Quand un président rencontre un président
Certes ces derniers noms auraient dû nous mettre la puce à l’oreille mais sans doute la fournaise – 30° au bas mot – aura endormi notre vigilance. Bien vite le brouhaha vint tancer notre légèreté alors que la foule s’écartait pour laisser s’avancer parmi les invités, leur distribuant sourires, poignées de mains amicales, bises – un peu moites parfois – et « ça va ? » à la volée, un François Hollande tout sourire et teint halé de bon aloi. La cohue qui s’ensuivit – D. Besnehard cherchant désespérément John Malkovich pour la photo de famille ; les photographes se perchant sur tout ce qui pouvait leur faire gagner les quelques précieux centimètres qui leur permettraient de dominer leurs confères ; le service d’ordre de Mme Ouattarra quelque peu débordé – restera sans nul doute dans les mémoires bien plus longtemps que les selfies concédés par l’ancien président aux nombreux badauds croisés tant lors de son arrivée à la gare qu’aux abords de l’hôtel.

Avec les premiers départs, qui pour la cérémonie d’ouverture, qui pour la projection du dernier opus d’A. Dupontel, le jardin de l’hôtel retrouvait enfin un peu de l’habituelle solennité qui lui sied. Demain serait un autre jour. D’ici là les quelques heures à venir seraient à leur tour marquées du sceau du plaisir avec la découverte d’un très bon film programmé en ouverture et en avant-première publique pour lequel déjà plusieurs centaines de spectateurs battaient le pavé chaud en espérant trouver une place.

visuel: affiche du festival

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