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Festival du film de montagne d’Autrans : une 30e édition en beauté

Festival du film de montagne d’Autrans : une 30e édition en beauté

09 décembre 2013 | PAR Olivia Leboyer

Autrans 2

Informations pratiques : du 4 au 8 décembre 2013
www.festival-autrans.com

Comme l’année dernière, Toute la Culture s’est rendu au Festival du film de montagne d’Autrans : un rendez-vous particulièrement réussi, avec l’anniversaire des 30 ans du Festival et l’arrivée d’une nouvelle équipe pleine d’idées et d’enthousiasme !

Le Festival d’Autrans est vraiment à part : un événement dédié à la montagne, comme lieu de vie et de partage. Au-delà de la fascination pour la montagne, Autrans célèbre certaines valeurs essentielles, que l’aventure au sommet révèle. Qu’il s’agisse d’un défi sportif individuel, d’une expédition en groupe, ou du quotidien d’un petit village, les films sélectionnés nous parlent du rapport de l’homme à la nature.

Cette année, le Festival fêtait ses 30 ans, mais aussi l’arrivée aux commandes d’une nouvelle directrice, véritable amoureuse de la montagne et du cinéma : Anne Farrer, régisseuse et réalisatrice de films documentaires, porte sur le travail de ses confrères un regard professionnel et bienveillant. Aussi a-t-elle tenu à resserrer la sélection des films, 39 retenus sur 160 envoyés. Il s’agit d’offrir aux festivaliers un choix éclairé en permettant aux films en compétition d’être réellement en pleine lumière. Au-delà de l’événement festif, convivial, le Festival entend promouvoir la visibilité et la diffusion de ces documentaires, souvent de très grande qualité. Et si les gens de montagne prenaient l’habitude de se réunir et de parler davantage, à l’instar des gens de mer, mieux organisés, le pari serait pleinement réussi ! Créer, fédérer une communauté des gens de montagne, tous pays confondus, telle est la belle ambition d’Autrans.

À l’échelle du Festival, l’esprit de communauté se fait sentir : la gentillesse et la disponibilité des bénévoles nous ont vraiment touchés. Sans parler des repas, absolument délicieux, cuisinés avec des produits locaux (succulente caillette façon potée !).

Et le cinéma ? Hasard ou intuition, nous avons vu 8 films, dont 6 ont eu un prix. Et ces films nous ont effectivement impressionnés. Le Grand Prix (Prix du film documentaire de montagne Banque Populaire) a été attribué à Karim non stop, de l’Espagnol Jesus Bosque : le récit insolite et très drôle d’une expédition foirée dans les grandes largeurs et d’un documentaire loupé ! Deux Prix ont récompensé le très beau Fleuve gelé, Fleuve de vie, du photographe Olivier Föllmi, où deux enfants du Zanskar entreprennent un périlleux voyage vers le savoir (Prix du public film documentaire et Prix spécial du jury du Syndicat national des guides de haute montagne). Il est également question d’apprentissage dans Libros y Nubes de Pier Paolo Giarolo, lauréat du Prix du Public National Geographic. Au Pérou, dans un village reculé et pauvre, des enfants attendent de nouveaux livres. Ces films se distinguent par une forte composante humaine, un souci du contexte social, une réflexion sur l’esprit d’entraide.

Ont également été primés Siguniang m’était conté de Bruno Peyronnet, sur une cordée franco-chinoise, A New perspective de Corey Rich (Grand Prix Alpinisme FFCAM), Defait a Dingo d’Alan Hughes sur l’amitié d’un grimpeur et d’un mouton, Barbe Rousse de Julien Hérisson dans la catégorie fiction et Roraima, climbers of the lost world de Philipp Manderla sur les illusions perdues d’une expédition autrichienne (Prix du film Exploit sportif).

Si les débats ont été vifs au sein du jury, le Grand Prix a été attribué à l’unanimité pour Karim non stop, véritable petit bijou d’autodérision (voir notre critique).

Les Rencontres Littéraires ont été, cette année, très animées, avec la présence du philosophe des sciences Etienne Klein, qui a souligné à quel point il était agréable de voir, en montagne, des sourires épanouis sur les visages et une ambiance aussi conviviale.

Avouons un gros coup de cœur pour la formidable web série Bon appétit de Fabien Maierhofer et Nico Favre : une plongée comico-délirante dans l’univers apocalyptique du free ride, avec des figures à couper le souffle ! Les deux jeunes sportifs se sont mis en tête de compliquer les choses en reparcourant l’histoire du ski, des plus rudimentaires aux plus techniques (au son de la chanson de The Who « The Kids are alright » !) : les saltos avec des « portes de chiotte de deux mètres quarante » valent leur pesant d’or : « Là, c’est quand j’avais une pommette. Là, c’est quand je n’avais plus de pommette » commente sobrement l’un des skieurs ! Sans parler de la séquence « Opéra ski », hilarante et très maîtrisée : retrouvez-les sur internet (http://www.bonappetitski.com), pour vous mettre en appétit avant cet hiver !

Comme l’an dernier, les Parisiens pourront découvrir les films primés au Muséum d’Histoire naturelle de Paris, le samedi 14 décembre : www.mnhn.fr

Et, Noël approchant, nous n’avons pas pu résister à l’avant-première, à Autrans, du si attendrissant Belle et Sébastien de Nicolas Vanier : notre critique.

Visuels : © affiche officielle du Festival

Photo : Olivia Leboyer

Les tops ciné 2013 de la rédaction
« Le Parc » d’Angelin Preljocaj au Palais Garnier
Olivia Leboyer
Docteure en sciences-politiques, titulaire d’un DEA de littérature à la Sorbonne  et enseignante à sciences-po Paris, Olivia écrit principalement sur le cinéma et sur la gastronomie. Elle est l'auteure de "Élite et libéralisme", paru en 2012 chez CNRS éditions.

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