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Entrevues 2021 : une Ouverture sous le signe de l’amour avec La Pièce rapportée et Petit ami parfait

Entrevues 2021 : une Ouverture sous le signe de l’amour avec La Pièce rapportée et Petit ami parfait

22 novembre 2021 | PAR Geoffrey Nabavian

À Belfort, le Festival des premiers, deuxièmes et troisièmes films a lancé son édition 2021 en donnant à voir notamment deux oeuvres parlant d’amours modernes contrariées. Les Entrevues ont lieu jusqu’au 28 novembre.

Après une édition s’étant entièrement déroulée sur Internet à l’automne 2020, pour cause de coronavirus, les Entrevues célèbrent cette année leurs retrouvailles avec leur public, invité à venir à la rencontre des premiers, deuxièmes ou troisièmes films de réalisateurs émergents ou déjà un peu loués, et des autres axes offerts par la programmation. Outre la Compétition Internationale de Longs-Métrages – à l’issue de laquelle sera remis, entre autres, le Grand Prix Janine Bazin – et celle consacrée aux Courts-Métrages, le Festival propose aussi ses avant-premières – avec notamment celles des nouveaux films d’Éric Gravel, le réalisateur de Crash Test Aglaé, et de Bertrand Mandico, qui signa Les Garçons sauvages – et ses Séances Spéciales, avec entre autres celle consacrée au Parcours Nouveaux talents avec l’APARR, offrant à découvrir cinq courts-métrages de nouveaux cinéastes de Bourgogne-Franche-Comté, invités aux Entrevues pour un parcours de formation destiné à préparer leur entrée dans le milieu professionnel du cinéma et de l’audiovisuel. Une séance programmée le 25 novembre à 18h.

Cette année, la section La Fabbrica se centre par ailleurs sur l’oeuvre du réalisateur israélien Nadav Lapid, avec projection de tous ses courts et longs-métrages, Carte blanche offerte à lui, et rencontres avec ses collaborateurs artistiques. Une programmation en collaboration avec le Forum des images, qui a fait également du cinéaste son invité d’honneur dans le cadre de l’édition 2021 de son festival Un état du monde. Enfin, outre les films au menu pour le jeune public – réunis sous la dénomination Les Petites Entrevues – la manifestation consacre cette année l’un de ses deux programmes rétrospectifs, Cinéma et Histoire, au sujet suivant : « Cinémas indiens, l’Artiste face au monde« . Avec une sélection de cinq films indiens réalisés hors Bollywood de 1928 à 2021, traitant en creux ou de façon directe des événements historiques agitant le pays, et de sa société. L’autre rétrospective transversale se centrant sur le thème de L’Amour fou, et sur son illustration dans le cinéma.

Amours contemporaines compliquées, sur tous les continents

Le 21 novembre, cette trente-sixième édition du Festival a débuté, ouverte par Gilles Lévy, Président de Cinémas d’Aujourd’hui, Damien Meslot, le maire de Belfort, et Elsa Charbit, la Directrice artistique des Entrevues. Réunis sous l’affiche officielle de cette édition 2021, reprenant une image tirée de Corps à coeur, le film de Paul Vecchiali sorti en 1979, ils ont salué la possibilité pour les spectateurs de revenir dans les salles, puis fait place au film d’Ouverture de cette édition 2021, La Pièce rapportée, nouvelle comédie d’Antonin Peretjatko, réalisateur auparavant de La Fille du 14 juillet et de La Loi de la jungle. Une fantaisie prenant pour personnage central une jeune femme virevoltante (Anaïs Demoustier) intégrant une famille très riche, et valant pour ses trouvailles imaginatives et ses saillies burlesques, au coeur desquelles Josiane Balasko s’amuse en belle-mère acariâtre. Un film qui sortira dans les salles de cinéma françaises le 1er décembre.

En ce jour de lancement, le Festival donnait également à son public la possibilité de découvrir le nouveau long-métrage du duo Alain Della Negra et Kaori Kinoshita, réalisateurs de Bonheur Académie. C’est dans le cadre d’une Séance Spéciale en forme de carte blanche laissée à l’Espace Multimédia Gantner, Centre d’art contemporain, que ce nouveau travail titré Petit ami parfait – et produit par Ecce Films – a pu être présenté, suivi par un débat avec ses deux signataires animé par Valérie Perrin, directrice de l’Espace Gantner. Une découverte précieuse : se situant au Japon, et se centrant sur les joueurs passant beaucoup de temps sur le jeu vidéo Love Plus, dont le but est d’intéragir avec sa petite amie virtuelle, le film affiche tout d’abord des allures documentaires, livrant des éléments de contexte et de compréhension frontalement au spectateur, avant de doucement dériver vers la fiction. Et de donner à suivre un récit où rien n’est forcé, montrant le voyage au sein des lieux mentionnés dans le jeu opéré par un jeune homme, fixé sur sa console Nintendo 3DS et voulant progresser à tout prix côté « score », avec tout de même à ses côtés une vraie jeune fille, finissant par rester perplexe. Un itinéraire passionnant, dépaysant, peint avec intelligence avant tout et atteignant au final à la poésie. Avec au final d’autres sujets constitutifs du rapport homme-femme dans le Japon actuel traversés, tel le métier d' »idole », exercé par des jeunes femmes, chantant et dansant sur scène dans le but de gagner des fans et admirateurs qui consacreront ensuite leur temps et leurs moyens à les aider à progresser dans leur carrière. La réalisatrice Kaori Kinoshita a pu, après le film, souligner le caractère « bien écrit, romanesque« , de la trame du jeu vidéo Love Plus : le nouveau long-métrage qu’elle signe avec Alain Della Negra porte en lui de telles qualités, également.

Les Entrevues, à Belfort, continuent jusqu’au dimanche 28 novembre. Informations et réservations : https://bit.ly/32qfIyn

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Visuel : © Entrevues

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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