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Entrevues 2021 : Grand Prix Janine Bazin à Father, et Le Grand Mouvement également couronné

Entrevues 2021 : Grand Prix Janine Bazin à Father, et Le Grand Mouvement également couronné

29 novembre 2021 | PAR Geoffrey Nabavian

Les Entrevues, à Belfort, ont pris fin : le Festival des premiers, deuxièmes et troisièmes films voit son édition 2021 s’achever avec le sacre par le Grand Prix Janine Bazin d’un film montrant un pays tiraillé entre croyances anciennes et modernité enragée. Un sujet dont le lauréat du Prix d’Aide à la distribution Ciné+ et du Prix du GNCR est également porteur.

Les Entrevues, à Belfort, Festival des premiers, deuxièmes et troisièmes films, voient leur trente-sixième édition s’achever, et célébrer pour de bon, on l’espère, des retrouvailles avec le public venu réinvestir les salles, suite à une année 2020 marquée par une annulation due au coronavirus. Au sein de sa Compétition de longs-métrages, c’est Father, du chinois Deng Wei, qui remporte le Grand Prix Janine Bazin : ce documentaire se centre sur un personnage étonnant, aveugle diseur de bonne aventure, en conflit depuis des années avec son fils, promoteur immobilier lui. Deux êtres peut-être sur le chemin de la réconciliation, et incarnant sans doute différentes facettes et contradictions de la Chine actuelle. Un film dont la figure centrale est également le grand-père du réalisateur.

Cette volonté de prendre le pouls du passé le plus mystique et du présent le plus cru se retrouve dans Le Grand Mouvement dont notre critique est à lire ici – film du bolivien Kiro Russo lauréat du Prix d’Aide à la distribution Ciné+ et du Prix du GNCR, deux récompenses destinées à accompagner respectivement sa diffusion télévisuelle – sur Ciné+Club – et son arrivée à l’affiche dans les salles de cinéma françaises. Cette dernière étant prévue le 30 mars 2022, sous l’égide du distributeur Survivance. Fiction tissée à partir d’éléments puisés dans le réel, Le Grand Mouvement s’attache au parcours d’un travailleur manuel épuisé dans La Paz, capitale bolivienne dévorante, et mélange aux scènes de vie qu’il donne à voir sans détour, dans leur dureté, des embardées quasi oniriques où règnent le sacré et la fièvre. Un regard très original au final.

Quant au Prix du Public Long-Métrage, décerné suite aux votes de l’audience présente, en fin de séance, il va à Rancho, de l’argentin Pedro Speroni, documentaire cadrant la vie dans une prison de haute sécurité d’Argentine, et les caractères de ceux qui l’habitent contraints, grandis et mûris dans la violence.

Côté Courts-Métrages, c’est Perchés, de Guillaume Lillo, qui repart avec le Grand Prix André S. Labarthe : celui qui le signe en tient également le rôle principal, celui d’un jeune homme racontant, trente-cinq minutes durant, aux automobilistes avec lesquels il monte, comment sa dépression l’a conduit dans un centre où les pensionnaires vivent en hauteur comme des oiseaux. C’est également un court, Le Boug Doug, de Théo Jollet, qui gagne le Prix One+One, saluant sa musique et son univers sonore : il s’intéresse, sur une durée de vingt-cinq minutes, à une bande de jeunes évoluant entre parties de foot, rap et petite délinquance, tout à coup visités par une mystérieuse entité.

Le Prix du Public Court-Métrage va, quant à lui, à Aucun signal d’Adrien Genoudet, court documentaire s’attachant, vingt-cinq minutes durant, à une femme âgée s’affairant à tracer un bilan de son existence, pas toujours douce, et à constater ses rêves envolés.

Enfin, le Prix Gérard Frot-Coutaz, venant saluer un premier long-métrage français sorti dans les salles de cinéma durant les mois précédant le Festival, récompense Ibrahim, première réalisation très remarquée d’un acteur magnifique, Samir Guesmi.

Et côté travaux en cours, le Prix d’Aide à la post-production, remis dans le cadre de [Films en cours], récompense A procura da estrela, de Carlos Martinez-Penalver Mas : un film en fin de montage image, qui bénéficiera donc de prestations côté post-production sonore, étalonnage, vérification du mixage, sous-titrage et mastering DCP. D’autre part, dans le cadre du parcours Nouveaux Talents, les lauréats d’une résidence d’écriture avec un scénariste professionnel sont Marguerite Lantz et Paul Guy Rabiet, respectivement pour leurs projets Mère rouge et Adieu la bête. Des talents soutenus par le Festival que l’on espère voir à l’affiche des salles bientôt, avec des films novateurs dans leur langage ou dans le traitement de leurs sujets.

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Visuel 1 : Father © Deng Wei

Visuel 2 : Le Grand Mouvement © Altamar Films

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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