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DVD : L’année où mes parents se sont séparés

06 mai 2009 | PAR Pauline

l-annee-ou-mes-parents-sont-partis-en-vacancesPassé plutôt inaperçu lors de sa sortie en salle, le film L’année où mes parents se sont séparés sort en DVD le 7 mai, et donne ainsi l’occasion de découvrir un film d’apprentissage sobre et tout en finesse.

1970, au Brésil, c’est l’année de la victoire de la coupe du monde de foot. Mais c’est aussi l’année de la répression, les années de plomb de la dictature.

Pour Mauro, 12 ans, la vie se déroule dans le quartier juif de Sao Paulo où ses parents le confient à son grand-père alors qu’ils partent « en vacances ». Ils fuient la dictature. Mais quand l’enfant arrive au pied de l’immeuble de Motel, son grand-père est mort. Recueilli par un voisin bougon, Shlomo, Mauro apprend à grandir sur fond de mondial de football.

Le foot, dans ce quartier de Sao Paulo, c’est  l’allégorie du mélange de populations.  La coupe du monde, au Brésil, c’est le moment de la réconciliation nationale. Noirs, italiens, communistes, juifs, jeunes, vieux, tous s’unissent pour soutenir Pelé et Tostao jusqu’à la victoire finale. Mais quand l’euphorie atteint son pic, la réalité de la dictature revient au galop : arrestation d’étudiants, répression brutale, ascendance du pouvoir sur les petites gens.

Le film évoque, sans jamais la nommer vraiment, la dictature militaire à travers les yeux du jeune garçon. Des plans fixes et répétés sur des buts de foot oubliés, un téléphone qui ne sonne jamais, une coccinelle bleue attendue avec impatience et qui n’arrive pas,  parviennent à faire comprendre la déréliction éprouvée par le jeune garçon. Parallèlement, l’amitié d’un garçon manqué, la naissance d’une vocation en assistant à de simples matchs de foots montrent l’insouciance de celui qui se laisse porter par ce qu’il ne comprend pas. Ce qui fait la force du film c’est justement l’ambiguïté de cette situation. La tension entre l’ambiance pesante, oppressante, provoquée par la dictature et l’atmosphère d’allégresse suscitée par les matchs de  football, illustre la dualité de ces moments historiques. Si le jeune héros découvre l’amitié et les premiers émois d’adolescent, 1970, pour lui, c’est aussi l’année où il comprend qu’être exilé c’est « avoir un père qui est tellement en retard qu’il ne revient jamais plus à la maison ». A travers les non-dits, la réalité de la dictature apparaît par touches.

Au final, si l’on peut regretter que les événements historiques soient seulement survolés et que cette fable initiatique, un peu mièvre par moments, ait des allures de déjà-vu, la pudeur des propos sur la dictature filmée avec simplicité fait passer un charmant moment.

Pauline Moullot

Réalisé par Cao Hamburger, avec  Michel Joelsas, Daniela Piepszyk, Germano Haiut, Durée: 1h45. un DVD MK2

Portugais sous titré français.

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