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DVD [Critique] « Whiplash » de Damien Chazelle. Un pur bonheur récompensé par l’Oscar de J.K Simmons

DVD [Critique] « Whiplash » de Damien Chazelle. Un pur bonheur récompensé par l’Oscar de J.K Simmons

08 mai 2015 | PAR Gilles Herail

Miles Teller et J.K Simmons sont impressionnants d’intensité dans un duo professeur/élève prêt à tout pour atteindre le génie artistique. Le crescendo musical et émotionnel est implacable et le spectateur ressort en tremblant de cet apprentissage sadique de l’excellence. Une des plus grandes claques de mise en scène et d’interprétation de l’année passée. Un pur bonheur à (re) voir absolument en DVD.

[rating=5]

Synopsis officiel: Andrew, 19 ans, rêve de devenir l’un des meilleurs batteurs de jazz de sa génération. Mais la concurrence est rude au conservatoire de Manhattan où il s’entraîne avec acharnement. Il a pour objectif d’intégrer le fleuron des orchestres dirigé par Terence Fletcher, professeur féroce et intraitable. Lorsque celui-ci le repère enfin, Andrew se lance, sous sa direction, dans la quête de l’excellence…

Whiplash fait partie de ces films difficiles à décrire. Car le pitch parait simpliste, les personnages linéaires et les enjeux ténus. Certains y ont décelé une soit-disant défense de l’éducation rigoriste à l’ancienne et de l’apprentissage dans la douleur. Mais l’intellectualisation du scénario perd la véritable essence du film : un pur chef d’oeuvre de divertissement, un plaisir quasi charnel de spectateur, nous embarquant dans un grand huit émotionnel d’où l’on ressort épuisé, lessivé, tremblant, sonné. Un cinéma de pure sensation et d’ambiance que l’on a un perdu l’habitude d’expérimenter.

Whiplash est peut être l’un des meilleurs films sur l’énergie musicale. Où la batterie devient un sport de combat, une ambition guerrière, où les mains saignent et l’évanouissement n’est jamais très loin. Damien Chazelle y ajoute beaucoup de cinéma en utilisant tous les procédés possibles de mise en scène pour maintenir le rythme et chercher la transe. On pourrait y voir un manque de finesse mais c’est ce trop plein permanent qui donne au film tout son intérêt. Une générosité qui se retrouve dans l’interprétation des acteurs, notamment de J.K Simmons. Qui incarne un professeur enseignant la musique comme un instructeur militaire forme ses soldats. En humiliant, manipulant, menaçant et poussant à bout pour obtenir le moment de génie musical tant recherché.

Whiplash est bien évidemment plein de tension, mais aussi étonnamment drôle. Car le flot d’insultes et de méchanceté du féroce professeur réserve de véritables pépites. Damien Chazelle réussit une démonstration imparable et implacable, un film qui se permet de faire tenir une dernière scène incroyable de plus de 10 minutes sur un seul morceau de jazz. Une crescendo magistral qui fait plus transpirer que les 2H30 d’explosions des derniers Transformers. Profondément jubilatoire.

Whiplash, un film de Damien Chazelle, avec Miles Teller et J.K Simmons drame américain, 1h47. Sortie le 24 décembre 2014.

Gilles Hérail

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Gilles Herail

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