Cinema

Dvd : L’éventail de Lady Windermere d’Ernst Lubitsch réédité

30 août 2010 | PAR Yaël Hirsch

Les éditions montparnasse proposent une version restaurée d’un des chefs d’œuvres muets du maître de la comédie hollywoodienne. Une adaptation à la fois audacieuse et méticuleuse de la pièce d’Oscar Wilde, qui permet peut-être de percer à jour la formule magique qui fait des films de Lubitsch des modèles pour tous les cinéastes.

En 1925, installé à Hollywood depuis plusieurs années, Ernst Lubitsch qui a déjà tourné deux ans plus tôt « Rosita » avec « la petite fiancée de l’Amérique », Mary Pickford, se lance dans un pari audacieux : mettre en scène dans un film muet la comédie d’Oscar Wilde « L’éventail de lady Windermere »… avec le moins de cartons de possibles. Le résultat est un régal. Les décors gigantesques ainsi que les costumes précieux infusent toute l’ironie d’oscar Wilde vis-à-vis d’une certaine société anglaise. Les sentiments, les émotions et les surprises passent par le cadrage et des plans qui rendent le spectateur complice, si bien qu’il a l’impression que les personnages n’arrêtent pas de parler et ne s’ennuie pas une minute pendant les 1h19 que dure le film. Cette exigence du muet de littéralement faire parler la caméra exige à la fois une imagination débordante et des plans très précis. Sachant que, même après le passage au parlant, le réalisateur a aimé adapter des œuvres littéraires populaires, voir « L’éventail de Lady Windermere »donne les meilleures indices possibles pour comprendre les fondements de la fameuse « Lubitsch’s touch » : des films qui suggèrent tout, et attisent le désir du spectateur en en montrant le moins possible…

Dans les bonus, ne manquez pas le documentaire d’une heure sur Lubitsch « Le patron d’Hollywood », où un parallèle est tracé entre le profession du père du réalisateur (tailleur dans le quartier juif de Berlin) et la précision sensuelle du cinéaste. Par ailleurs, la comédienne Geneviève Casile s’exprime sur le pasage de la scène à l’écran du texte d’Oscar Wilde.

« L’éventail de Lady Windermere« , d’Ernst Lubitsch, d’après la pièce de Oscar Wilde, avec May McAvoy, Irene Rich, Bert Lytell, Ronald Colman, Edward Martindel, USA, 1925, Sortie Dvd le 7 septembre 2010, éditions montparnasse, 15 euros.

Et jusqu’au 10 octobre, Lubitsch est à l’honneur à la Cinémathèque française : l’occasion d’aller (re)voir « Ninotchka » (1939),  « Shop around the Corner » (1940),  « Illusions perdues » (1941), ou « To be or not to be » (1942)

« L’éventail de lady Windermere » sera projeté sur grand écran le 5 septembre (Séance présentée par N. T. Binh) ainsi que le 26 septembre à 21h.

Et notre préféré demeure « Le ciel peut attendre » (Heaven can wait, 1943).

Infos pratiques

Kate Moss et Top Shop, la fin d’une idylle
Dvd : La religieuse portugaise d’Eugène Green
Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *