Cinema

Dinard, jour 4 : Le triomphe de Jelly Fish

Dinard, jour 4 : Le triomphe de Jelly Fish

30 septembre 2018 | PAR Yaël Hirsch

Fin du suspense après quatre jour de très riche compétition. C’est par une journée de rêve que le film Jelly Fish, premier film de et sa jeune comédienne extraordinaire Liv Hill ont été couronnés.

La journée a commencé à 9:00 en salle Hitchcock, sorte de grand ballon muni d’un écran imposant et un peu plus éloignée du littoral. Faire la route nous a permis de passer par le marché, déjà très animé. Et des 9 heures du matin, c’est un film merveilleux qui nous a vieillis et fait rire et fait réfléchir. Transposant le triangle amoureux de Cyrano de Bergerac dans une boarding school anglaise où l’on suit l’évolution d’un jeune homme boursier et qui a de l’asthme, Old Boys fait beaucoup rire tout en pointant vers les rigidités des classes sociales. Il y a aussi de forts moments poétiques avec une scène d’enregistrement lunaire qui rappelle et Cyrano et Meliès, de l’humour avec un Denis Menochet survolté et des dialogues décalés. Délicieusement jouée par le trio Pauline Étienne, Alex Lawther et , c’est une comédie brillante et jubilatoire qu’on ne peut que recommander !

A 13:30, il y avait foule pour la projection de dix courts métrages sur le Brexit. Tout commence avec Kristin Scott-Thomas filmée par David Hare en conservatrice pleine de clichés, mug à la main, dans un jardin anglais. Elle a voté leave et elle se confie: Rien n’a changé, la colère n’est pas partie: « When they said I would get my country back I knew it wasn’t true », dit-elle, nous faisant rire jaune. « We voted to leave Europe but that’s not what we wanted we voted to leave England » conclut elle. Meera Seyal à écrit et jour un film assez similaire Just à T-Shirt où cette fois ci c’est un gemme issue d’une famille immigrée qui se plaint que rien à changé, voire que les nouveaux venus affluent encore plus et volent tout à ceux « qui étaient là les premiers ». Du côté de l’Irlande, Bronnagh Ghallager explique à son fils que le Brexit reconduit une violence qui a bercé son enfance dans le film de Stacy Gregg. On a aussi le point de vue d’une agriculteur assez scène qui s’est vu privé de ses aides dans un Gaelic enflamme. Les réseaux sociaux et les ordinateurs sont également impliques dans Burn de John Graham et Go home de Charlène Jones. La violence n’est plus larvée lorsque le jeune Scott Reud, dans Permanent Sunshine de AL Kennedy, parle à la caméra comme s’il menaçait quelqu’un. Scott Reud. Et la plus touchante est Pénélope Wilton qui file la métaphore du couple séparé après 43 ans dans The End de Abi Morgane. Et l’on finit par le quotidien d’un avocat qui défend les réfugiés et croule sous les Dossier dans Shattered de Mexine Peale. Un mélange grâce de fiction et de documentaire ou de fiction qui prend des aspects de documentaire pour sonder une société qui semble aller dans un sens peu importe le bord politique : la gueule de bois. Un débat a suivi cette projection attendue.

Dans l’après midi, nous avons passé un beau moment sur la terrasse du Grand hôtel et eu le plaisir d’interviewer le jeune et talentueux Alex Lawther qui parle un français parfait et nous a parlé de son rôle de jeune boursier qui se trouve par l’amour dans Old Boys. Une jolie réflexion à retrouver dans notre article d’interview.

A 16:30, nous avons plongé en avant y-première dans l’univers sombre de Obey de Jamie James. L’histoire d’un jeune homme de 19 ans qui vit avec sa mère alcoolique, passe sa vie à la salle de sport, et trouve l’amour auprès d’une jeune squatteuse. Un film sombre et dur, qui perd parfois un peu son sujet mais ne démérite jamais question images.

A 19:30, place à la cérémonie de clôture, présentée par Pierre Zeni et où le maire Jean-Claude Mahé a parlé finances et remercié Dominique Besnehar de son implication en tant qu’invité d’honneur. Avec malice, ce dernier nous a projeté en exclusivité une scene de la saison 3 de sa série 10 pour cents, où apparaît Monica Bellucci. Cette dernière a fait sensation en robe fourreau noire, comme à chaque apparition et a fini de jouer son rôle de Présidente du jury avec grâce. La distribution des Hitchcocks a eu lieu dans la plus grande convivialité et les deux courts-métrages primés par un jury présidé par Barnaby Southcomb: l’animation courte et drôle de Cabin pressure de Matthew Lee et le londonien et humainThe Bridge de Lain Robertson.

C’est d’un seul pas et presque en procession que les jurés, les équipes de film et les organisateurs du festival sont allés au Casino Barrière pour un dîner animé où la table d’honneur brillait de mille feux.

A minuit place à la danse au Palais des arts plein et ouvert à tous. Ce dimanche 30 septembre 2018, le Dinard Film Festival se poursuit un jour encore avec des projections des films primés.

Visuels : YH

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : yael@toutelaculture.com

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