Cinema
« D’après une histoire vraie » : suspense littéraire pas trop mal [Cannes 2017, Hors Compétition]

« D’après une histoire vraie » : suspense littéraire pas trop mal [Cannes 2017, Hors Compétition]

29 mai 2017 | PAR Geoffrey Nabavian

Adapté pour le cinéma par Roman Polanski, le roman de Delphine de Vigan, qui reçut le Prix Renaudot, arrive à remplir son programme, entre tension de thriller et portrait de femme(s) souterrain. On y sent de la justesse, et on peut y goûter le jeu d’Emmanuelle Seigner…

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Même s’il constitue une production à l’ampleur modeste, D’après une histoire vraie n’en fait pas moins passer un moment prenant. Si sa musique, taillée pour suggérer de l’angoisse, inspire peu, ses personnages accrochent. On sent de l’humanité derrière eux. Surtout derrière les deux héroïnes : Delphine, écrivain au succès soudain, et Elle, fan qui s’invite dans sa vie et n’en sort plus, jusqu’à devenir son double. On pourra trouver Emmanuelle Seigner bien naturelle, et donc juste dans son incarnation, et Eva Green, face à elle, pas trop dans l’exagération. Menaçante, mais humaine, toujours… Et grande actrice, le temps de quelques scènes où elle changera totalement de registre, de voix, de gestuelle.

Si certains clichés ne sont pas évités, et si quelques scènes oniriques manquent leur but, il n’en reste pas moins qu’on suit l’histoire. Un peu simple, un peu déjà-vue, pas vraiment neuve dans ce qu’elle dit sur l’inspiration, et un peu trop étirée, elle est cependant traitée de manière élégante, et appliquée. Le sérieux de l’entreprise la rend crédible : il y avait de quoi tomber dans des pièges, sur de tels sentiers… Après, on avoue n’être pas familiers des travaux du Roman Polanski post-Pianiste… Peut-être plus modeste, D’après une histoire vraie sait cependant intéresser, en prenant son temps. Ce qui lui permet de gagner un peu de profondeur… Quant à ses procédés, on arrive à les trouver pas trop éculés. Grâce aux actrices, peut-être… Un moment à tenter, donc.

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Visuel : © Mars Films

Nelson Freitas en concert à l’Olympia
« 12 jours », documentaire plein de force et de travail [Cannes 2017, Hors Compétition]
Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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